Euthanasie: les parents de Vincent Lambert font recours auprès de la CEDH

Le 5 juin la CEDH a validé la décision du Conseil d'Etat français autorisant les médecins à interrompre les soins prodigués à Vincent Lambert. Les parents de ce dernier font recours contre cette décision.
07 août 2015, 15:34
Viviane Lambert, mother of Vincent Lambert, a Frenchman who has been comatose for seven years, attends with her lawyer Jerome Triomphe a verdict about her son in the European Court of Human Rights in Strasbourg, eastern France, Friday, June 5, 2015. Europe's top human rights court has allowed doctors to stop treatment of a French man left comatose after a car accident seven years ago, a case that has drawn nationwide attention amid debate about end-of-life practices. Lambert's family members disagree on whether to keep him alive artificially. His wife wants doctors to stop life support for him but his parents disagree. (AP Photo/Christian Lutz)

Les parents de Vincent Lambert, un patient tétraplégique en état végétatif depuis sept ans, ont demandé à la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) de réviser son arrêt du 5 juin dernier, a-t-on appris vendredi auprès de leur avocat et de la Cour. La décision autorisait l'arrêt des soins qui lui sont prodigués.

L'article 80 du règlement de la Cour de Strasbourg prévoit la possibilité d'une telle demande dans un délai de six mois en cas de découverte d'un fait nouveau inconnu des juges au moment de la rédaction de l'arrêt.

Cette affaire oppose d'un côté les parents de Vincent Lambert, l'une de ses soeurs et un demi-frère qui voient en lui un "handicapé" qu'il faut maintenir en vie, de l'autre son épouse, cinq de ses frères et soeurs et un neveu. Ces derniers souhaitent qu'il puisse mourir "dignement", conformément à l'avis de ses médecins et à ce qu'il aurait, selon eux, souhaité.

"Il y a plusieurs éléments nouveaux. L'élément à nos yeux fondamental, c'est la reprise d'une alimentation par la bouche de Vincent Lambert", a dit l'un des avocat des parents, Me Jean-Paillot.

Alors qu'il est nourri par une sonde gastrique, la famille lui a, depuis le 12 janvier, donné à manger et à boire par la bouche, précise l'avocat dans sa demande de révision. Les scènes ont été filmées comme éléments de preuve.

Interrogations et débats

Autre élément invoqué par les parents, le fait que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, ait dit le 16 juin dernier devant le Sénat que la volonté de Vincent Lambert de ne pas être maintenu durablement dans un état végétatif "faisait l'objet d'interrogations et de débats".

La Cour européenne avait validé la décision du Conseil d'Etat autorisant les médecins à interrompre les soins prodigués au patient. Ils avaient tenu compte du témoignage de son épouse, Rachel, corroboré par l'un de ses frères, selon lequel Vincent Lambert était opposé à tout acharnement thérapeutique.

Vincent Lambert a été victime d'un accident de la circulation le 29 septembre 2008. Il souffre, selon les médecins, de lésions cérébrales irréversibles. Les juges de Strasbourg devraient se prononcer sur la demande de révision "très rapidement" a dit un porte-parole de la Cour.