Etats-Unis: les démocrates lancent une enquête pour destituer Donald Trump

Soupçonné d’avoir demandé au président ukrainien d’enquêter sur son rival politique Joe Biden, le président américain Donald Trump est soumis à une ouverture d’enquête en vue d’une possible destitution. Le président aurait «trahi son serment».
25 sept. 2019, 06:41
Le président américain est soupçonné d'avoir enquêté sur son rival politique Joe Biden. Une enquête en vue d'une destitution a alors été ouverte.

La cheffe des démocrates au Congrès américain Nancy Pelosi a annoncé mardi l’ouverture d’une mise en accusation solennelle de Donald Trump en vue d’une destitution. Elle a rappelé que «personne n’est au-dessus des lois». L’intéressé dénonce une chasse aux sorcières.

Donald Trump est soupçonné d’avoir demandé au président ukrainien d’enquêter sur son rival politique Joe Biden. «Les actes du président jusqu’à ce jour ont violé la Constitution», a accusé la présidente démocrate de la Chambre des représentants.

Donald Trump a «trahi son serment» de président, «la sécurité nationale» et «l’intégrité des élections» américaines, a-t-elle asséné lors d’une allocution au Congrès. «Aujourd’hui, j’annonce que la Chambre des représentants ouvre une enquête officielle en vue d’une procédure de destitution», a poursuivi Mme Pelosi, jusque-là réticente à s’engager dans cette voie périlleuse.

 

 

Nancy Pelosi a également déclaré que le directeur par intérim des services de renseignements devait déposer la plainte du lanceur d’alerte pour jeudi, ajoutant que retenir la plainte constituait une «violation de la loi». Les actes du président ont «gravement violé la constitution», selon Nancy Pelosi, qui a encore accusé le président de menacer la sécurité nationale.

Via Twitter, Donald Trump a rapidement réagi, dénonçant depuis New York une «chasse aux sorcières de caniveau».

Destitution peu probable

Sur un plan pratique, la cheffe des démocrates a demandé aux six commissions de la chambre basse qui enquêtent déjà sur le président républicain de se placer dans le cadre de cette procédure. Concrètement, cela signifie que, si elles rassemblent suffisamment d’éléments à charge, elles pourront rédiger des articles de mise en accusation, qui seront soumis au vote en séance plénière.

Les démocrates disposant d’une majorité à la Chambre, le président Trump court un risque conséquent d’être mis en accusation, «impeached» en anglais, ce qui n’est arrivé qu’à deux de ses prédécesseurs dans toute l’histoire des Etats-Unis.

Il sera toutefois jugé par le Sénat, toujours contrôlé par les républicains. Seul un vote à la majorité des deux tiers pourrait aboutir à sa destitution, ce qui paraît à ce stade peu probable. Les conséquences de ces grandes manœuvres sur la campagne présidentielle de 2020 sont imprévisibles. Donald Trump a jugé mardi qu’elles allaient avoir un effet «positif» pour lui.

Appel mystérieux

Au cœur de toute l’affaire: une conversation téléphonique cet été entre les dirigeants ukrainien et américain. Un mystérieux lanceur d’alerte, membre des services de renseignement américains, a fait peu après un signalement à sa hiérarchie pour sonner l’alarme sur cet appel.

On ignore ce qui l’a alerté, mais les démocrates soupçonnent Donald Trump d’avoir tenté de pousser Volodymyr Zelensky à enquêter sur la famille Biden, en utilisant notamment une aide militaire comme levier de pression.

Si Donald Trump a admis publiquement avoir mentionné Joe Biden et son fils, Hunter, qui a travaillé pour un groupe gazier ukrainien à partir de 2014, il dément fermement toute pression. Il a tweeté mardi autoriser la publication de l’appel mercredi.