Etats-Unis: le conservateur libertaire Rand Paul candidat à la Maison-Blanche

Le républicain libertaire Rand Paul a lancé mardi sa campagne pour l'investiture républicaine de 2016. Le sénateur du Kentucky est notamment un précurseur du mouvement Tea Party.

08 avr. 2015, 08:06
Rand Paul soutient une ligne économique ultralibérale.

Le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul, conservateur libertaire et précurseur du mouvement Tea Party, a lancé mardi sa campagne pour l'investiture républicaine de 2016. Il se veut le candidat "de la liberté" face à l'establishment représenté selon lui par Jeb Bush.

A 52 ans, Rand Paul est devenu le deuxième candidat majeur à officialiser son ambition de succéder à Barack Obama à la présidentielle de novembre 2016.

Il suit son collègue de parti Ted Cruz, qui a lancé un appel aux évangéliques en lançant sa candidature à l'investiture il y a deux semaines. Et il devance Jeb Bush, qui mène les sondages des primaires républicaines sans avoir officialisé sa candidature.

La faute au système

"La dette a doublé sous une administration républicaine, et est en train de tripler sous la responsabilité de Barack Obama", a lancé Rand Paul lors d'un discours à Louisville, dans son fief du Kentucky (centre-est), devant des centaines de partisans.

"Il me semble que c'est la faute des deux partis et de tout le système politique", a estimé le sénateur. Il propose de limiter le nombre des mandats des élus du Congrès, et d'amender la Constitution pour interdire les déficits.

Rand Paul veut trancher avec ses nombreux rivaux et renouveler l'image, ainsi que l'électorat, du vieillissant parti républicain. Une étudiante et un révérend noir ex-démocrate ont pris la parole avant lui mardi. Ses équipes ont passé du funk et du Metallica. Sur Twitter, elles mènent une campagne très agressive pour recruter des soutiens.

"Le message de liberté, d'opportunité et de justice vaut pour tous les Américains, que vous portiez un costume, un uniforme ou un bleu de travail, que vous soyez blanc ou noir, riche ou pauvre", a-t-il déclaré.

Peu d'expérience politique

Rand Paul, ophtalmologiste de profession, n'a que peu d'expérience politique: il n'a été élu au Sénat qu'en novembre 2010, à la faveur d'une insurrection du mouvement naissant du Tea Party.

Idéologiquement, ses idées viennent de la tradition libertaire (conservateur sur les questions économiques, mais libéral sur les questions de société). Son père, Ron Paul, fut candidat libertaire à la présidentielle de 1988, et porta la flamme libertaire aux primaires républicaines de 2008 et 2012, chaque fois épaulé par son fils Rand.

Rand Paul est en guerre ouverte contre les néoconservateurs de son parti, déplore l'interventionnisme des années Clinton, Bush et Obama, et soutient une ligne économique ultralibérale. Il a dénoncé les violations de la vie privée par l'Agence nationale de sécurité (NSA) et promeut une réforme du système pénal, qui emprisonne trop de jeunes Noirs, dit-il.

Mais il a aussi pris soin de rassurer la base républicaine, inquiète de ses positions passées jugées isolationnistes, en jurant de combattre l'"islam radical".

En retard dans les sondages

"Il dit qu'il est différent, mais quand on regarde de près, il est comme tous les autres prétendants républicains: bon pour les plus riches et mauvais pour la classe moyenne", a réagi la présidente du parti démocrate, Debbie Wasserman Schultz.

Avant sa déclaration, les sondages plaçaient Rand Paul nettement derrière Jeb Bush et le gouverneur du Wisconsin (nord), Scott Walker, dans le même peloton que Ted Cruz et l'ex-gouverneur de l'Arkansas (sud) et pasteur, Mike Huckabee.

Un cent rouge

Rand Paul a longtemps porté une pièce d'un cent rouge à la boutonnière, à la place d'un drapeau américain. Cette pièce de cuivre symbolise à ses yeux la fin des déficits et la soumission à la Constitution.

Présidentielle oblige, le sénateur républicain a remis le drapeau à sa boutonnière le jour de l'annonce de sa candidature. Il compte parmi les trois ou quatre bien placés pour les primaires de début 2016. Il n'est pas le plus charismatique. Son débit est parfois précipité et il semble se forcer à sourire.

Un "extrémiste"

Il lui arrive de rétropédaler. Alors qu'il proposait en 2011 de supprimer toute aide étrangère, il y est aujourd'hui favorable pour Israël.

Les démocrates n'ont de cesse de décrire Rand Paul comme un extrémiste qui disloquerait l'Etat-providence. Ils contestent aussi sa sincérité dans un dossier où il investit un temps considérable: les droits civiques.