Egypte: six ans de prison pour 33 manifestants islamistes

Un tribunal égyptien a condamné lundi 33 partisans du président destitué Mohamed Morsi à six ans de prison. Ils comparaissaient pour des violences survenues durant une manifestation illégale, a-t-on appris de source judiciaire.
07 août 2015, 13:33
Les partisans de Mohamed Morsi manifestent régulièrement pour réclamer son retour au pouvoir.

Un tribunal égyptien a condamné lundi 33 partisans du président destitué Mohamed Morsi à six ans de prison. Ils comparaissaient pour des violences survenues durant une manifestation illégale, a-t-on appris de source judiciaire.

Le tribunal d'Alexandrie (nord) a justifié son verdict par la participation à des heurts en marge d'une manifestation en décembre, pour appartenance à une organisation interdite - les Frères musulmans de M. Morsi déclarés "terroristes" - et pour agression de membres des forces de sécurité, selon les sources judiciaires.

Les prévenus ont également écopé d'amendes de 50'000 livres égyptiennes (6270 francs).

Manifestations interdites

Depuis fin novembre, la loi égyptienne interdit toute manifestation n'ayant pas obtenu l'autorisation de la police. En vertu de ce texte, des centaines d'islamistes ont été arrêtés, et même des militants de l'opposition laïque ont écopé de peines de prison.

Récemment, 529 pro-Morsi ont été condamnés à mort au deuxième jour de leur procès pour des violences durant l'été. Ces condamnations expéditives ont déclenché de vives critiques de la communauté internationale et des défenseurs des droits de l'Homme.

Depuis l'éviction le 3 juillet par l'armée du premier président élu démocratiquement du pays, policiers et soldats répriment les manifestations pro-Morsi dans une campagne qui s'est soldée, selon Amnesty International, par plus de 1400 morts en près de neuf mois.

Les partisans de M. Morsi manifestent régulièrement pour réclamer son retour au pouvoir et ces défilés dégénèrent régulièrement en violences meurtrières. M. Morsi lui-même, comme la quasi-totalité des dirigeants des Frères musulmans, encourt la peine de mort dans plusieurs procès.

Journalistes pas libérés

Dans un autre dossier, un tribunal a refusé lundi la libération sous caution de journalistes d'Al-Jazeera. Trois d'entre eux, notamment l'Australien Peter Greste, ont passé près de 100 jours en détention pour soutien présumé aux islamistes. Cette affaire provoque un tollé international.

Les trois journalistes ont toutefois pu plaider leur cause hors du box grillagé des accusés, "un acte sans précédent dans l'histoire des tribunaux criminels égyptiens", a noté un de leurs avocats.

"Aucune charge valable"

Mokhless El Salhy, avocat d'Al-Jazeera, a affirmé à l'AFP que ses clients travaillaient "de façon professionnelle et objective". "Ils couvraient des affrontements entre manifestants et forces de sécurité, comme toutes les autres télévisions. Ils n'ont rien inventé ni fabriqué", a-t-il insisté.

"Après trois audiences, il est clair qu'il n'y a aucune charge valable contre nous. Aucun témoignage ne nous incrimine", a affirmé à l'AFP le journaliste M. Fahmy. A l'adresse du tribunal, il a ajouté qu'il était un "libéral" et qu'il lui arrivait de boire de l'alcool, preuve selon lui qu'il ne peut appartenir aux Frères musulmans.