Ebola: débuts difficiles pour la campagne d'information en Sierra Leone

30'000 volontaires ont été mobilisés dès vendredi en Sierra Leone pour rendre visite aux habitants assignés à résidence. But de l'opération: distribuer un "kit" contenant du savon, des autocollants et des imprimés explicatifs sur le virus Ebola. La première journée a été "difficile", selon un responsable.

20 sept. 2014, 12:07
A barricaded door at the Lumley Government Hospital, that was closed after medical doctor Olivet Buck contracted the Ebola virus and died on Saturday near the city of Freetown, Sierra Leone, Monday, Sept. 15, 2014. Sierra Leone accused the World Health Organization on Monday of being ?sluggish? in facilitating an evacuation of a doctor who died from Ebola before she could be sent out of the country for medical care. Dr. Olivet Buck died Saturday, hours after the U.N. health agency said it could not help evacuate her to Germany. (AP Photo/ Michael Duff)
La Sierra Leone entamait samedi son deuxième jour de confinement général de la population. Pour les équipes chargées d'informer les habitants sur le virus Ebola, la première journée a été "difficile", selon un responsable.

Le gouvernement sierra-léonais a décrété trois jours d'arrêt dans tout le pays pour mener une campagne de porte-à-porte géante visant à juguler l'épidémie d'Ebola, qui a fait 2630 morts depuis le début de l'année en Afrique de l'Ouest, dont 562 en Sierra Leone. Quelque 30'000 volontaires par équipes de quatre sillonnent le pays pour informer sur l'épidémie les six millions d'habitants pendant ces trois jours de campagne.

"Les débuts (de la campagne) ont été vraiment très difficiles", a déclaré vendredi soir Steven Gaoja, qui dirige le centre national d'opération d'urgence contre Ebola, évoquant des problèmes de "logistique" sur le terrain et un "énorme nombre d'appels" au centre qui a du mal à faire face. Mais ces problèmes ont été progressivement "réglés" et la journée a été un "succès", a-t-il estimé, relevant "l'enthousiasme des Sierra-Léonais pour cet exercice".

Préparation insuffisante

Des critiques se sont néanmoins élevées face à cette opération sans précédent. "Les superviseurs sont bien entraînés, mais les équipes qui visitent les familles dans certaines régions de l'ouest du pays n'ont pas été assez formées et ne sont pas en mesure de donner correctement des informations", a affirmé Abubakarr Kamara, un responsable de l'association humanitaire Health for All (Santé pour Tous).

"Beaucoup d'entre eux (les volontaires) étaient trop jeunes pour participer à cet exercice et dans une ou deux maisons où j'ai assisté à leur intervention, ils avaient du mal à communiquer avec les familles", a-t-il ajouté.

"Coup de pub"

L'organisation Human Rights Watch a critiqué l'opération, "davantage un coup de pub qu'une intervention sanitaire", selon Joe Amon, son directeur pour les questions de santé et de droits de l'Homme.