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Douche froide pour Blair

Le Parti travailliste du premier ministre a subi un cuisant échec lors des municipales de jeudi. Tony Blair procède à un remaniement ministériel, dont fait notamment les frais le chef de la diplomatie, Jack Straw Tony Blair et le Parti travailliste (Labour) ont subi jeudi une défaite cinglante lors des municipales partielles en Angleterre. En milieu d'après-midi, hier, sur 173 des 176 conseils concernés par le scrutin, les travaillistes perdaient 270 sièges. Pour sa part, le Parti conservateur (tories), sous l'impulsion de David Cameron (voir encadré), son nouveau leader, sort des urnes revigoré avec un gain de 273 conseillers. Avec 40% des voix, les tories confortent leur implantation au niveau local, tandis que les libéraux-démocrates se maintiennent à 27%. Le Labour arrive bon troisième avec 26%. Enfin, le British National Party (BNP-extrême droite) double le nombre de ses conseillers avec, désormais, 44 élus locaux. Mais sa représentativité demeure infime en regard des 22.000 sièges d'élus municipaux dans le pays. Face à ce désastre, Tony Blair a décidé de redistribuer les cartes au sein de son gouvernement.

07 mai 2006, 12:00

Devant l'ampleur de la défaite, Tony Blair s'est empressé de vouloir reprendre la main en procédant, hier, à un remaniement substantiel de son gouvernement. La veille, Downing Street faisait savoir que la recomposition ministérielle n'aurait lieu qu'après-demain. Cette hâte du premier ministre à anticiper l'événement est, pour nombre de commentateurs politiques, «un aveu de panique».

Le remaniement, c'est un peu comme si l'équipage s'était contenté de «la remise en place des chaises longues lors du naufrage du Titanic», s'exclame Frank Dobson, ancien ministre de la Santé dans le premier cabinet Blair.

Nick Brown, ancien ministre de l'Agriculture et proche de Gordon Brown, le chancelier de l'Echiquier, constate que le Parti travailliste est en «pleine dérive» et que Tony Blair n'est sans doute pas l'homme de la situation pour redresser la barre.

Contexte de morosité

C'est dans ce contexte de morosité et de récriminations que le premier ministre a procédé à un bouleversement de son cabinet. Tous les grands maroquins, à l'exception des Finances, apanage de Gordon Brown depuis 1997, changent de titulaires.

John Prescott, par qui le scandale de liaisons adultères est arrivé, conserve le titre de vice-premier ministre. Mais il perd la substance de ses fonctions.

La mansuétude relative de Tony Blair à son égard relève de la nécessité politique. John Prescott est à la fois le chaînon indispensable entre la vieille garde et la nouvelle génération du Labour et le médiateur entre les partisans de Tony Blair et ceux de Gordon Brown, son dauphin.

Déchargé de ses fonctions - logement, autorités locales, réhabilitation urbaine -, le ministre, tourné en ridicule par la presse pour ses caleçonnades, aura tout loisir, dit-on, de préparer une transition pacifique entre Tony Blair et Gordon Brown.

Charles Clarke, le ministre de l'Intérieur, responsable en dernier ressort des graves défaillances de son ministère dans la remise en liberté de détenus étrangers passibles d'expulsion, paie le prix de l'incompétence de ses services.

Ayant refusé un portefeuille de moindre importance, il a été remercié. C'est John Reid, un fidèle de Tony Blair et un homme à poigne, venu de la Défense - où il est remplacé par Des Browne, secrétaire d'Etat au Trésor et loyaliste «brownien» -, qui assurera la relève.

Jack Straw, le chef de la diplomatie britannique, cède sa place, de mauvaise grâce, à Margaret Beckett, la ministre de l'Agriculture et de l'Environnement.

Jack Straw, qui s'est trouvé à plusieurs reprises en délicatesse avec Tony Blair, paie sans doute un rapprochement très voyant avec Gordon Brown autant qu'un manque d'envergure dans ses fonctions.

En charge des relations avec la Chambre des communes, il remplace Geoff Hoon, élevé, lui, au poste de ministre des Affaires européennes.

Changement également à l'Education, où Ruth Kelly, un temps étoile montante du New Labour mais dont la réputation s'est dégradée, récemment, avec une réforme très contestée de l'enseignement, ponctuée par des revers cinglants du gouvernement au Parlement, est remplacée dans ce ministère cher au coeur de Tony Blair par Alan Johnson, un ancien postier syndicaliste. Elle reprend les fonctions de John Prescott.

Un remplacement

Mais, aussi ample et prompt qu'il soit, ce remaniement n'impressionne guère. «Ce dont le pays a surtout besoin, c'est d'un remplacement», ironise David Cameron, le chef de file conservateur. / JDU-Le Figaro

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