Dominique de Villepin relaxé par le tribunal

29 janv. 2010, 12:21

Nicolas Sarkozy a subi hier un revers personnel avec la relaxe par le tribunal de Paris de Dominique de Villepin au procès Clearstream, une vaste affaire de machination politique. L'ex-premier ministre pourrait bien s'affirmer comme son rival à droite pour la présidentielle de 2012.

«Après plusieurs années d'épreuve mon innocence a été reconnue», s'est réjoui Dominique de Villepin. Ce jugement pourrait être lourd de conséquences pour la politique française. Il apparaît comme une défaite majeure pour Nicolas Sarkozy et pourrait permettre à l'ancien premier ministre, âgé de 56 ans, de s'affirmer à droite en vue de la présidentielle de 2012. L'affaire avait tourné au duel à distance entre les deux hommes, le président français s'étant constitué partie civile dans ce vaste procès, qui s'est déroulé du 21 septembre au 23 octobre. Dominique de Villepin, premier ministre entre 2005 et 2007, était soupçonné d'avoir participé en 2004 à une manipulation pour discréditer Nicolas Sarkozy, alors ministre et son rival à droite dans la course à la présidentielle de 2007.

Des listings bancaires provenant de la chambre de compensation luxembourgeoise Clearstream avaient été falsifiés et transmis à la justice. Le but était de faire croire que certaines personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes et avaient perçu des pots-de-vin dans une vente d'armements. L'avocat du président avait prêté à Dominique de Villepin le rôle d'instigateur de cette machination. Le parquet ne l'avait quant à lui estimé coupable que d'avoir fermé les yeux alors qu'il savait que les listings étaient faux. Il avait requis contre l'ancien premier ministre 18 mois de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende. Le tribunal estime qu'il n'existe pas de preuve qu'il ait donné des instructions pour que les fausses listes soient transmises à la justice. Il n'est pas non plus possible de le déclarer coupable en raison de sa supposée inaction.

Egalement jugés dans cette affaire, l'ancien numéro trois du groupe aéronautique EADS considéré comme le «cerveau» de l'affaire, Jean-Louis Gergorin, a été condamné 15 mois de prison ferme et le mathématicien et faussaire présumé des listings, Imad Lahoud, a été condamné à 18 mois fermes. Ils sont sanctionnés aussi de 40 000 euros d'amende chacun. Ils ne partiront pas en détention immédiatement, car ils devraient déposer un appel suspensif. /ats-afp