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Deux millions de sinistrés attendent toujours les secours

La Croix-Rouge et l'ONU se sont alarmées hier de la lenteur des secours à plus de deux millions de sinistrés qui ont tout perdu en Birmanie. Deux semaines après le cyclone, une crise humanitaire de grande ampleur est en cours, alors que le bilan de la catastrophe continue de s'alourdir. «Nous sommes confrontés à une catastrophe humanitaire exceptionnellement grave», a déclaré le secrétaire général de la Fédération des sociétés de la Croix-Rouge, Markku Niskala, hier à Genève. Pour les responsables de la Croix-Rouge comme pour ceux des affaires humanitaires de l'ONU, environ un quart seulement des deux millions de sinistrés a reçu jusqu'ici une assistance internationale et il faut faire bien davantage.

17 mai 2008, 12:00

«Jusqu'à deux millions de personnes sont touchées et beaucoup d'entre elles n'ont encore ni abri, ni eau potable, ni nourriture et seulement un accès limité aux soins de santé», a souligné Markku Niskala. «Les prochains jours seront cruciaux», a averti la porte-parole du Bureau des Affaires humanitaires de l'ONU à Genève, Elisabeth Byrs. Elle a fait état de «légers progrès» et de «petits signes de flexibilité» de la part de la junte birmane. Ainsi, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires va pouvoir se rendre demain à Rangoun. Parallèlement, la télévision d'Etat birmane a affirmé que le bilan du cyclone s'élève désormais à 77 738 morts et 55 917 disparus.

Le responsable des opérations de la Fédération à Genève Thomas Gurtner s'attend à «une détérioration supplémentaire de la situation des sinistrés» dans les jours à venir, en raison des difficultés logistiques et des fortes pluies tombées hier. «L'état des routes va encore s'aggraver et chaque jour compte», a-t-il dit. Jusqu'ici, la Croix-Rouge a pu aider seulement 100 000 personnes, a indiqué Markku Niskala. Sur 18 000 équipements pour abris stockés à Rangoun, seulement 5000 ont pu être distribués.

Les capacités limitées de l'aéroport de Rangoun, le manque de camions, les routes coupées et inondées dans le delta de l'Irrawaddy et «d'autres obstacles» expliquent ces difficultés. Markku Niksala a par contre réfuté les informations sur le détournement de l'aide. La Croix-Rouge a lancé un appel de 52,8 millions de francs pour aider 500 000 victimes du cyclone pendant trois ans. Elle a pu acheminer 240 tonnes de secours. La Fédération soutient les 27 000 volontaires de la Croix-Rouge de Birmanie.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a fait parvenir en deux semaines 1200 tonnes de riz, de biscuits et de légumineuses pour 200 000 personnes. Des vols du PAM arrivent désormais tous les jours, mais «la pluie complique le déchargement des secours et l'accès par la route aux victimes est difficile», a indiqué la porte-parole de l'agence, Christiane Berthiaume.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a démenti des cas de choléra. L'Unicef (l'Organisation des Nations unies pour l'enfance) a mis en garde contre les risques d'exploitation et de violences touchant les enfants, notamment ceux qui ont été séparés de leur famille. / ats

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