Deux journalistes d'Al-Jazeera libérés au Nigeria

L'armée nigériane a relâché deux journalistes de la chaîne Al-Jazeera, qui étaient assignés à résidence depuis le 24 mars.

06 avr. 2015, 08:16
nigeria

Deux journalistes nigérians d'Al-Jazeera arrêtés le 24 mars dans le nord-est du Nigeria par l'armée ont été libérés, a annoncé dimanche la chaîne qatarie. Les troupes régulières mènent dans cette région des opérations contre les islamistes de Boko Haram.

Ahmed Idris, journaliste, et Mustapha Ali, producteur pour Al-Jazeera, avaient été assignés à résidence dans leur hôtel de Maiduguri, la capitale de l'État de Borno. Ils avaient été "trouvés en train de 'traîner' dans des zones où des opérations militaires étaient en cours", selon l'armée.

"Ahmed Idris et Mustapha Ali ont été autorisés à quitter leur hôtel de Maiduguri, où ils étaient détenus, et ils sont déjà de retour dans les locaux d'Al-Jazeera à Abuja", la capitale, dit le communiqué de la chaîne, publié dimanche. Celle-ci n'a pas donné la date de libération des journalistes.

"Nous sommes heureux que le calvaire d'Ahmed et Ali soit terminé. Ils ont hâte de pouvoir passer du temps avec leur famille et leurs proches. Je sais qu'ils tiennent tous deux à remercier tous ceux qui ont permis leur libération, dont des ONG, des hommes politiques et des confrères journalistes" a commenté le directeur de l'information d'Al-Jazeera en anglais, Salah Negm.

Les deux journalistes avaient été arrêtés à leur hôtel alors qu'ils revenaient d'un tournage sur l'armée dans la région, quelques jours avant les élections présidentielle et législatives sous haute tension du 28 mars. L'ensemble de leur matériel avait été confisqué par les autorités.

Pas d'autorisations?

Selon l'armée, les deux hommes avaient été "repérés en train de se déplacer dans divers endroits, y compris des zones dont l'accès est limité dans les Etats de Yobe et Borno (et) ils opéraient sans les mesures de sécurité, les accréditations ou les autorisations adéquates".

Al-Jazeera assurait de son côté que MM. Idriss et Ali "avaient toutes les accréditations nécessaires pour couvrir les élections nigérianes", et qu'ils "venaient tout juste de terminer le tournage d'un reportage sur l'armée, avec son autorisation".

L'armée nigériane n'a pas commenté la libération des deux journalistes pour l'instant. Elle entretient des relations tendues avec les médias, notamment internationaux, les accusant de donner une version tronquée des opérations contre le groupe islamiste Boko Haram.