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Des milliers de soldats engagés à Tikrit: Sukhoi livrés à l'Irak

Des milliers de soldats irakiens étaient dimanche près de Tikrit dans la grande contre offensive qu'ils ont engagé contre les rebelles.

29 juin 2014, 18:16
Les combattants ont paradé kalachnikovs, fusils d'assaut et lance-roquettes à la main.

Des milliers de soldats irakiens, appuyés par des chars et l'aviation, avançaient dimanche vers Tikrit. Cette opération constitue la plus grande contre-offensive engagée par l'armée irakienne depuis le début de l'avancée fulgurante des insurgés sunnites qui a plongé le pays dans le chaos.

Pour les aider à reprendre du terrain après leur déroute aux premiers jours de l'offensive des insurgés lancée le 9 juin, la Russie a livré cinq avions de combat Sukhoi aux forces irakiennes, sur la douzaine commandée. Les appareils pourront être utilisés "dans les trois à quatre prochains jours", selon le ministère de la Défense.

Les Etats-Unis, eux, ont envoyé des experts militaires conseiller les soldats et des drones survoler Bagdad, un objectif des assaillants.

A la faveur de cette offensive qui a fait plus d'un millier de morts selon l'ONU, les insurgés menés par les jihadistes de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) se sont emparés de larges pans de territoires à l'ouest, au nord et à l'est de la capitale irakienne.

Alors que les appels en Irak et à l'étranger en faveur de la mise en place d'un gouvernement d'union se sont multipliés, le premier ministre Nouri al-Maliki, un chiite accusé d'avoir marginalisé les sunnites, a semblé finalement se rallier à cette idée et le Parlement doit se réunir mardi pour déclencher le processus.

Hélicoptère abattu

Pour le deuxième jour consécutif, l'armée intensifiait ses contre-attaques dans la province de Salaheddine (nord) afin de reprendre plusieurs régions tombées aux mains des insurgés, principalement son chef-lieu Tikrit, un fief de l'ex-dirigeant Saddam Hussein.

Selon des témoins, l'aviation menait depuis l'aube des raids contre plusieurs positions des insurgés dans la ville au lendemain de l'arrivée de forces terrestres à la limite ouest de la ville. Les frappes visaient notamment les anciens palais de Saddam Hussein, utilisés depuis par l'administration locale, ainsi que la grande Place des festivités, où les jihadistes ont pris position.

Mais ces derniers ont de quoi répliquer: deux témoins disent avoir vu un hélicoptère de l'armée être touché par un missile avant de s'écraser près d'un marché. Aucun bilan de victimes n'a pu être obtenu dans l'immédiat. La veille, l'armée avait repris l'université de Tikrit, sur la route menant vers Baïji, qui abrite la principale raffinerie de pétrole en Irak.

Les Kurdes engagés aux côtés des chiites

Plus au nord, des dizaines de civils volontaires soutenus par les forces kurdes ont attaqué les insurgés dans un village majoritairement chiite au sud de Kirkouk pour les en déloger, selon un responsable militaire.

Dans son avancée fulgurante, l'EIIL, qui bénéficie du soutien d'ex-officiers de Saddam Hussein, de groupes salafistes et de certaines tribus, a mis la main sur Mossoul, deuxième ville d'Irak, une grande partie de sa province Ninive (nord), ainsi que des secteurs des provinces de Diyala (est), Salaheddine, Kirkouk et Al-Anbar (ouest), et se trouve à cent km de Bagdad.

Appel des pays arabes

Relayant l'appel lancé par les évêques d'Irak, le pape a appelé les dirigeants irakiens, minés par les divisions, à tout faire pour "préserver l'unité nationale et éviter la guerre".

L'EIIL, groupe ultra-radical qui ambitionne d'établir un califat à cheval entre la Syrie et l'Irak, est aussi engagé dans la guerre civile en Syrie où il a conquis plusieurs zones à la frontière irakienne.

Dans un village de la province d'Alep, au nord du pays, l'EIIL a exécuté huit rebelles avant de crucifier leurs corps en public, a rapporté dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Cette information n'a toutefois pas été confirmée par d'autres sources.

Samedi, dans un nouvel épisode de cet affrontement fratricide, des rebelles islamistes et le Front al-Nosra - la branche syrienne d'Al-Qaïda - avaient lancé une attaque contre l'EIIL pour les chasser de Boukamal, principale localité syrienne à la frontière avec l'Irak.

L'Organisation de la coopération islamique (OCI) et la Ligue arabe ont par ailleurs lancé un appel conjoint à un cessez-le-feu en Syrie durant le mois de jeûne musulman du ramadan, qui a commencé dimanche.

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