Des milliers de personnes défilent contre Emmanuel Macron, 1 an après son accession au pouvoir

Faire "la fête à Macron". C'était l'objectif des dizaines de milliers de personnes qui se sont retrouvés dans les rues de Paris. Elles dénoncent les réformes du président français

05 mai 2018, 19:30
Le défilé a réuni des dizaines de milliers de personnes. Tous se plaignent des dernières réformes d'Emmanuel Macron, à la tête de la France depuis 1 année.

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé sous un soleil éclatant et dans une ambiance bon enfant samedi à Paris pour faire "la fête à Macron". Ils ont dénoncé les différentes réformes engagées par le président français.

Le mouvement politique La France insoumise (gauche radicale), dont le député François Ruffin a initié cette marche, a revendiqué la présence de 160'000 manifestants "pour dire Stop Macron". La préfecture de police en a compté quatre fois moins, tout comme le cabinet Occurrence pour un collectif des médias qui a comptabilisé 38'900 participants.

Le gouvernement avait fait part ces derniers jours de sa crainte de débordements, après les violences spectaculaires causées par environ 1200 black blocs lors du traditionnel défilé du 1er mai. Pas moins de 2000 policiers et gendarmes ont été déployés.

Manifestation "pot-au-feu"

Macron en Dracula, Macron en Jupiter ou Macron en banquier-roi la corde au cou: le chef de l'Etat a été mis à toutes les sauces lors de cette manifestation "pot-au-feu", laissant champ libre à de multiples revendications.

Depuis son élection il y a un an, le chef de l'Etat s'est engagé à "transformer" la France au pas de charge. Il a pris l'opposition et les syndicats de vitesse pour réformer le code du travail l'automne dernier. Mais depuis le printemps, il est confronté à une série de contestations contre notamment la réforme ferroviaire ou une loi d'accès à l'université.

La gauche radicale et certains syndicats espèrent aujourd'hui faire "converger" ces "luttes" pour faire reculer le président qu'ils accusent de "dérive libérale" et de "casse sociale".

"Violence des tout puissants"

"Nous sommes un rassemblement qui condamne la violence et d'abord la violence verbale des tout puissants. Ceux qui ont dit qu'il y avait dans les gares des gens qui n'étaient rien, ceux qui ont traité le peuple travailleur de fainéants, d'illettrés et d'alcooliques", a pourfendu le député de Marseille, dans un florilège de citations d'Emmanuel Macron.

Dans le cortège, les manifestants portaient des revendications diverses, contre les réformes sociales et économiques du gouvernement, mais aussi la lutte contre le changement climatique ou pour l'accueil des migrants.

Des rassemblements ont également eu lieu dans plusieurs villes de France, avec des slogans aussi potaches que revendicatifs, rassemblant chacun plusieurs centaines de personnes. A Bordeaux, le second degré dominait: "Tous en Suisse, tous en Suisse, tous !", pouvait-on lire sur une pancarte.