Des centaines de militaires pro-Saleh se mutinent

Des centaines de militaires yéménites ont abandonné leurs positions dans le sud du pays. Les mutins protestent contre la décision du président Abd Rabbo Mansour Hadi de restructurer les forces armées, a indiqué mercredi une source militaire.

08 août 2012, 22:41
Une mutinerie généralisée à Saleh.

Ils se sont rebellés contre le rattachement à la région militaire Sud de la 2e brigade d'infanterie de la Garde républicaine, une  unité d'élite dirigée par le fils aîné de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, basée dans la province sudiste d'Abyane, a expliqué cette source.

La plupart des mutins appartiennent à des tribus de la région de Sanaa, fidèles à l'ex-président Saleh, contraint au départ en février sous la pression d'un mouvement de contestation après 32 ans au pouvoir, selon cette même source.

Des centaines de soldats et des sous-officiers ont commencé dès mardi à se retirer, avec leurs armes personnelles, de leur campement et des barrages routiers à Loder et dans les localités voisines de Wadih et Moudia, a-t-elle ajouté. Ces barrages visent à empêcher l'infiltration d'insurgés d'Al-Qaïda, actifs dans la province  d'Abyane malgré une récente offensive de l'armée.

Les Comités de résistance populaire, des supplétifs de l'armée recrutés dans les tribus de la province d'Abyane, sont intervenus pour empêcher les mutins d'emporter des armes lourdes ou moyennes, ont indiqué des habitants.

Mobilisation contre Al-Qaïda

En outre, des dizaines de membres de ces comités ont sillonné les rues de Loder pour appeler, par haut-parleur, la population à se mobiliser pour défendre la ville face à une éventuelle attaque d'Al-Qaïda, a précisé un habitant.

Al-Qaïda avait contrôlé pendant un an plusieurs localités d'Abyane que l'armée avait reprises à la mi-juin au terme d'un mois d'une offensive sanglante, avec l'aide des Comités de résistance populaire.

Lundi, M. Hadi a décidé de réduire le nombre d'unités sous le commandement du fils aîné de l'ex-président, Ahmed et de celui de son rival, le général dissident Ali Mohsen al-Ahmar, dans le cadre d'une restructuration de l'armée.

M. Hadi, qui a succédé en février à M. Saleh, a soustrait  plusieurs brigades de la puissante Garde républicaine du général Ahmed et de la 1ère division blindée du général Ahmar, pour les affecter à la Garde présidentielle et aux régions militaires Centre et Sud.

Le transition politique dans le pays bute notamment sur la difficulté de restructurer les forces armées et de sécurité, qui souffrent toujours des séquelles de leurs divisions entre partisans et adversaires de la contestation anti-Saleh.