Début du procès de l'ex-président argentin, Fernando De la Rua

Le procès pour corruption aggravée et détournement de fonds publics de l'ex-président argentin Fernando De la Rua commence ce mardi.

14 août 2012, 07:38
L'ex-président argentin Fernando De La Rua est accusé de corruption aggravée et de détournement de fonds publics.

Le procès de l'ancien président argentin Fernando De La Rua (1999-2001) pour une affaire de pots-de-vin versés à des membres du Sénat doit débuter mardi avec l'audition prévue de quelque 400 témoins. Parmi eux figure la présidente Cristina Kirchner, sénatrice à l'époque des faits.

M. De la Rua, 74 ans, est inculpé de "corruption active aggravée et détournement de fonds publics" et encourt jusqu'à dix ans de prison. L'ex-président clame son innocence depuis le lancement de la procédure.

La confession en 2000 d'un employé du Sénat sur le versement de pots-de-vin de cinq millions de dollars à un groupe de six sénateurs en échange de leur vote en faveur d'une réforme du droit du travail avait fait scandale et beaucoup affaibli le président De La Rua. Il allait chuter un an plus tard en raison de la pire crise économique de l'histoire de l'Argentine.

La réforme du droit du travail était l'une des conditions posées par le Fonds monétaire international (FMI) pour accorder à l'Argentine de nouveaux crédits. Parmi les six sénateurs impliqués dans l'affaire, seuls quatre sont aujourd'hui encore en vie, l'un des deux disparus s'est suicidé.

Sur le banc des accusés figureront aux côtés des quatre sénateurs et de M. de la Rua, son ancien chef des renseignements Fernando de Santibañes, l'ex-ministre du Travail Mario Flamarique et Mario Pontaquarto, à l'époque des faits secrétaire du Sénat.

Quelque 400 témoins doivent être cités à ce procès, dont la présidente Cristina Kirchner, l'ancien président Carlos Menem (1989-1999) et le secrétaire général de la CGT, Hugo Moyano. Le procès avait été reporté en novembre 2011.

Le 20 décembre 2001, Fernando De La Rua avait signé sa démission à l'issue de deux journées de violences ayant fait 33 morts dans tout le pays. Il a dû quitter en hélicoptère le siège de la présidence, car toutes les issues étaient bloquées par des milliers de manifestants.