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Crise politique en Thaïlande: les manifestants tentent de "paralyser" Bangkok

Quelque 40'000 manifestants thaïlandais ont lancé lundi matin leur opération de "paralysie" de Bangkok, occupant plusieurs intersections clés de la capitale. Il s'agit d'une énième tentative pour faire tomber la Première ministre Yingluck Shinawatra.

13 janv. 2014, 07:21
Les manifestants se rassemblement lundi au Monument de la démocratie, à Bangkok.

Quelque 40'000 manifestants thaïlandais, selon les autorités, ont lancé lundi matin leur opération de "paralysie" de Bangkok, occupant plusieurs intersections clés de la capitale. Il s'agit d'une énième tentative pour faire tomber la Première ministre Yingluck Shinawatra.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes, portant pour certains le T-shirt "Bangkok shutdown" ("Paralysie de Bangkok"), participaient au mouvement, concentré dans le centre-ville. La manifestation se déroulait notamment devant un centre commercial incendié lors de la dernière grande crise politique en Thaïlande, en 2010, qui s'était soldée par plus de 90 morts.

"Nous menons notre révolution populaire, nous n'appelons personne à faire un coup d'Etat", a assuré en tête de cortège le meneur des manifestants Suthep Thaugsuban. Ce dernier est par ailleurs sous le coup de poursuites pour "meurtre" pour la répression des manifestations de 2010, époque où les rapports de force étaient inversés et où il était au gouvernement.

40'000 manifestants

Il a pris la tête d'un cortège de plusieurs milliers de manifestants, agitant pour certains le drapeau national bleu-blanc-rouge, symbole des manifestations qui se prolongent depuis plus de deux mois, avec le soutien du principal parti d'opposition, le Parti démocrate, dont est issu Suthep.

Mais l'ampleur de l'opération de "paralysie" restait difficile à évaluer lundi matin. Les autorités citaient le chiffre de 40'000 manifestants. Si les manifestants du sud de la Thaïlande, fief des Démocrates, étaient nombreux à participer au blocage, la participation des habitants de Bangkok était moins évidente.

Le métro fonctionnait normalement, ainsi que la circulation en dehors des zones bloquées. Des dizaines d'écoles étaient en revanche fermées. "Bien sûr que cela m'affecte. Je suis très stressé (...). Mes clients habituels ne peuvent pas venir en voiture", confiait ainsi Tong, 69 ans, propriétaire d'un salon de coiffure.

Un mort dimanche

Dimanche, les partisans de Thaksin Shinawatra, reconnaissables à leurs chemises rouges, ont eux aussi commencé à se rassembler dans plusieurs régions du pays, mais ont évité Bangkok. Une personne a été tuée dans un échange de tirs dans la nuit près d'un site du nord de la capitale, prévu pour la manifestation.

"Un homme armé non identifié a tiré sur un homme près d'un barrage routier mis en place par les manifestants contre le gouvernement. On ne sait pas à ce stade si l'homme était un manifestant ou pas", a déclaré un porte-parole de la police.

Etat d'urgence

Les opposants au gouvernement, qui ont été jusqu'à plus de 150'000 dans les rues ces deux derniers mois, ont promis de prolonger leur opération de paralysie jusqu'à la "victoire". Les autorités ont de leur côté prévenu qu'elles étaient prêtes à déclencher "l'état d'urgence" si des violences se produisaient à Bangkok, où près de 20'000 policiers et soldats sont mobilisés.

Les manifestants veulent aussi empêcher les législatives anticipées du 2 février, proposées par Yingluck pour tenter de sortir de la crise. Son parti, le Puea Thai, est en effet donné gagnant.

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