Court avantage pour le Fatah

Selon un sondage, le parti au pouvoir, le Fatah l'emporte sur le mouvement radical, le Hamas. Le processus électoral s'est déroulé sans anicroches Les Palestiniens ont voté hier dans le calme pour leurs premières élections législatives depuis une décennie. Ce scrutin pourrait amener le mouvement islamique Hamas au gouvernement pour la première fois.

26 janv. 2006, 12:00

Le Fatah, le parti au pouvoir, a recueilli 42% des suffrages contre 35% pour le Hamas, selon un sondage à la sortie des urnes réalisé par le Palestinian center for Policy and Survey Research (PSR). Le FPLP arriverait en troisième position avec 5%, suivi par la liste Badil, une coalition de formations de gauche (4%). Ce sondage comporte une marge d'erreur de 2%, selon le PSR.

Sous haute sécurité

Un autre sondage à la sortie des urnes, réalisé par l'université de Bir Zeit en Cisjordanie accorde au Fatah 63 sièges au futur parlement contre 58 pour le Hamas. Le parlement comptera 132 députés. Des résultats officiels sont attendus pour aujourd'hui, voire demain.

Pour éviter tout incident, pas moins de 13.000 policiers ont été déployés. Mais les principaux mouvements armés s'étaient engagés à ne pas perturber la consultation, dont le taux de participation s'est élevé officiellement à 77,6%.

Le leader palestinien Mahmoud Abbas, a confirmé la mise en place d'un nouveau gouvernement après les élections. En déposant son bulletin dans une urne à Chati, un quartier de Gaza, le chef de file du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que son mouvement ne désarmerait pas, même après son entrée au parlement.

«Les Européens et les Américains affirment que le Hamas doit avoir soit les armes, soit le Conseil législatif palestinien. Mais nous disons, 'les armes et le Conseil législatif'», a déclaré Ismaïl Haniyeh. Onze listes et plus de 400 candidats sont en lice pour ces premières élections législatives depuis 1996. Environ 900 observateurs étrangers ont été déployés pour veiller au bon déroulement du scrutin. L'ancien président américain Jimmy Carter, qui dirige l'une des équipes d'observateurs, a estimé que le processus «se déroule sans accroc». «Nous sommes tellement fiers de ce que les Palestiniens font aujourd'hui», a-t-il dit.

Le représentant suisse auprès des Palestiniens, Jean-Jacques Joris, a également souligné le bon déroulement des élections. Selon lui, les «pragmatiques» au sein du Hamas sauront s'associer aux autres partis pour la gestion des affaires d'Etat.

Négociations pas exclues

En Israël, on estime qu'une victoire du Hamas, voué à la destruction de l'Etat juif, sonnerait le glas du processus de paix. Les Etats-Unis, qui considèrent le mouvement islamiste comme une organisation terroriste, n'ont pas caché leur inquiétude.

Bien que sa charte appelle toujours à la destruction de l'Etat d'Israël, le Hamas, responsable d'une soixantaine d'attentats suicides depuis le déclenchement de la deuxième intifada, fin 2000, s'en est tenu à la trêve tacite observée depuis près d'un an. L'un de ses dirigeants a jugé cette semaine que la perspective de négociations avec les autorités israéliennes n'était «pas taboue». /ats-afp-reuters