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Coup d'Etat militaire en Thaïlande

L'armée affirme avoir renversé le premier ministre Thaksin Shinawatra alors qu'il se trouvait à New York. C'est un général musulman de 59 ans qui est à l'origine de ce putsch L'armée thaïlandaise a affirmé hier avoir renversé le premier ministre thaïlandais, actuellement à New York. Les putschistes ont accusé Thaksin Shinawatra, un riche homme d'affaires, d'avoir divisé le pays.

20 sept. 2006, 12:00

«Les forces armées thaïlandaises dirigées par le général Sonthi Boonyaratglin ont renversé le gouvernement du premier ministre Thaksin Shinawatra et imposé la loi martiale», a annoncé un général. Si le pusch réussit, ce serait la première fois depuis mai 1992 que l'armée s'empare du pouvoir en Thaïlande.

«Temporaire»

Le «Conseil pour la réforme politique», regroupant les putschistes, a également «levé l'état d'urgence» annoncé plus tôt par Thaksin Shinawatra, a précisé ce général à la télévision. L'armée a par ailleurs suspendu la Constitution de 1997, ainsi que le Parlement, le gouvernement et la Cour constitutionnelle.

Les putschistes ont ordonné à tous les militaires de se rendre dans leurs casernes et ont interdit tout mouvement de troupe qui n'aurait pas reçu le feu vert des auteurs du putsch. Selon des sources militaires, des généraux fidèles à Thaksin Shinawatra se sont regroupés à l'extérieur de Bangkok pour une réunion de crise.

Dans une déclaration citée à la télévision, le général Sonthi, 59 ans, premier musulman à diriger l'armée de terre en Thaïlande, pays largement bouddhiste, a déclaré que cette prise de pouvoir était temporaire et que le gouvernement serait «rendu au peuple thaï dès que possible».

L'auteur du coup d'Etat a précisé que «le gouvernement démocratiquement élu avait provoqué une division sans précédent de la société thaïlandaise». Des chars et des soldats fortement armés étaient visibles dans les rues de la capitale, et selon un haut responsable de l'armée, les putschistes se seraient emparés des six stations de télévision du royaume, ainsi que des stations de radio.

Mais à New York, où il assiste à l'assemblée générale de l'ONU, Thaksin Shinawatra a fait savoir qu'il se considérait toujours comme le chef du gouvernement. Auparavant, il avait annoncé sur une chaîne de télévision qu'il avait limogé le général Sonthi, chef de l'armée de terre.

Riche homme d'affaires

Les Etats-Unis ont appelé les Thaïlandais à résoudre pacifiquement leurs divergences.

Thaksin Shinawatra, riche homme d'affaires de 57 ans, dirigeait la Thaïlande d'une main de fer depuis 2001.

En août, Thaksin Shinawatra avait accusé des officiers de l'armée d'avoir voulu attenter à sa vie au lendemain de la découverte d'une voiture chargée d'explosifs près de sa résidence. Dans le Sud, la poigne de fer utilisée contre le séparatisme musulman suscite la défiance de la population.

Fin janvier, un événement avait fini par catalyser l'opposition: sa famille avait vendu à un holding singapourien l'ensemble de ses parts dans l'empire Shin Corp, empochant 1,9 milliard de dollars. La presse s'était insurgée contre l'exemption fiscale sur le bénéfice de la vente, alors que des milliers de manifestants descendaient dans les rues de Bangkok pour réclamer sa démission.

Elections anticipées

Pour tenter de sortir de la crise, Thaksin Shinawatra avait anticipé de trois ans les législatives et avait remporté les élections du 2 avril. Mais le scrutin, boycotté par l'opposition, avait été invalidé en mai par la Cour constitutionnelle après une intervention exceptionnelle du roi Bhumibol Adulyadej (78 ans), qui avait qualifié le processus de «non démocratique». / ats-afp-reuters

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