Coronavirus: chute sans précédent des flux migratoires en 2020

La pandémie a eu un impact jamais vu sur les flux migratoires. Ceux-ci ont drastiquement chuté en raison de la fermeture des frontières.
19 oct. 2020, 15:28
Les flux migratoires sont tombés à un très bas niveau au cours du premier semestre 2020.

Le nombre de permis de séjour délivrés a presque chuté de moitié au premier semestre dans l’OCDE. C’est une situation «sans précédent», souligne un rapport de l’organisation publié lundi, estimant que les migrations internationales dans la zone seront «exceptionnellement faibles» en 2020.

Le nombre de nouveaux permis délivrés a baissé de 46% au premier semestre en raison du coronavirus. Mais cette diminution «pourrait être partiellement compensée au deuxième semestre», selon l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE), qui regroupe une quarantaine de pays développés.

 

Une baisse «sans surprise» dans un contexte où les frontières ont été fermées et les mobilités internationales fortement perturbées durant plusieurs mois. Cela alors que le nombre de nouveaux immigrés permanents était resté stable en 2018 et 2019 – environ 5,3 millions par an -, décrypte Jean-Christophe Dumont, chef de la division migrations internationales de l’OCDE.

Marché du travail

Autre inquiétude: la situation des immigrés sur le marché du travail. Elle s’était améliorée ces dernières années (plus des deux tiers des immigrés avaient un emploi en 2019), mais «les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19 pourraient faire reculer les progrès réalisés», selon l’OCDE.

L’intégration, remise en question à cause de la pandémie, crée des écarts entre les travailleurs immigrés et ceux autochtones, selon le président de l’OCDE, José Angel Gurria. Insistant sur le maintien des programmes d’intégration, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Yvla Johansson, souligne le «risque de décrochage scolaire» des élèves issus de familles immigrées, qui ne peuvent bénéficier de l’aide de leurs parents.

Au deuxième trimestre, la baisse a atteint 72% par rapport à la même période de l’année précédente: en Suisse 31%, en Allemagne 57% et en Autriche 40%.

Il y a beaucoup de pays de l’OCDE notamment non-européens où les flux sont littéralement à zéro.
José Angel Gurria, président de l’OCDE

Les travailleurs immigrés représentent une grande partie du personnel médical dans la zone OCDE, soit un quart en moyenne. En Suisse, ils représentent près de la moitié. Les secteurs des transports, du nettoyage, de l’industrie alimentaire et des services informatiques sont aussi concernés.

«Flux littéralement à zéro»

Toutefois, l’impact de la crise varie beaucoup d’un pays à l’autre. «Il y a beaucoup de pays de l’OCDE notamment non-européens où les flux sont littéralement à zéro, comme l’Australie, le Japon, les Etats-Unis, la Corée», explique-t-il à l’AFP. La dynamique est différente en Europe: en France, le nombre de permis octroyés est revenu en juin au niveau de l’an dernier par exemple.

En 2019, avant la pandémie, le nombre d’immigrés admis pour des raisons humanitaires dans les pays de l’OCDE avait chuté de 25%. Au contraire, l’immigration de travailleurs permanents a augmenté de 13% en moyenne.