COP26: les négociations peinent à aboutir à un compromis suffisant

Des divergences persistent sur la réduction des gaz à effet de serre, les subventions aux énergies fossiles ou l’adaptation au changement climatique.
12 nov. 2021, 21:57
"Ce n'est pas l'accord que les citoyens espéraient à Glasgow", a dit la directrice exécutive de Greenpeace International.

Les négociations à la COP26 de Glasgow n’ont pas encore abouti à un compromis suffisant pour de nombreux acteurs, y compris pour la Suisse. Réduction des gaz à effet de serre, subventions aux énergies fossiles ou adaptation au changement climatique sont sur la table.

En début d’après-midi, le président de la COP26 Alok Sharma est venu devant les Etats pour relever les «nombreuses avancées» depuis son premier projet de document final mercredi. Tout en appelant aussi à davantage d’efforts.



Pendant plusieurs heures, certains des représentants des près de 200 pays à la conférence ont fait la liste des améliorations à apporter. «Tous les pays veulent encore mettre en avant leurs revendications», a dit à la presse suisse la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga.

Parmi les divergences, le nouveau projet de texte a nuancé l’appel à une sortie du charbon et des subventions «inefficaces» aux énergies non renouvelables. De quoi convaincre l’Arabe saoudite de ne pas faire échouer la COP26. Mais inacceptable pour plusieurs pays, y compris les Etats-Unis et la Suisse. Mme Sommaruga a estimé qu’une telle formulation ne permettrait pas de maintenir le monde vers un réchauffement limité à 1,5°C d’ici 2100.

Pas suffisants pour les ONG

Depuis jeudi, les consultations ont augmenté encore en intensité.

Pas suffisamment, aux yeux des ONG et des activistes qui se sont à nouveau rassemblés pour demander davantage de justice climatique. «Ce n’est pas l’accord que les citoyens espéraient à Glasgow», a dit la directrice exécutive de Greenpeace International.



Jeudi, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres avait averti les gouvernements que des promesses valaient peu sans une sortie des énergies non renouvelables.

Parmi les composantes à résoudre, le financement pose problème. Un doublement de l’aide à l’adaptation des pays en développement au changement climatique est prévu d’ici 2025. Mais ceux-ci veulent une meilleure répartition encore avec les efforts de réduction des gaz à effet de serre parce que les effets sont déjà observés chez eux.

Autre injonction, les pays devront revenir dès l’année prochaine avec des plans plus ambitieux pour s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris.

Compromis possible sur le marché carbone

L’enthousiasme après les annonces de dirigeants la semaine dernière a laissé place à la dure sanction des évaluations. Les promesses actuelles des Etats permettraient au mieux d’atteindre 1,8°C, même si l’étude considérée comme la plus sérieuse arrive plutôt à 2,4°C. L’ONU avait elle conclu lundi que ces contributions ne changeraient pas vraiment son estimation, de 2,7°C.

Parmi les autres questions à régler, le projet de document final regrette que les Etats riches n’aient pas honoré leur promesse de mobiliser 100 milliards de dollars publics et privés par an dès 2020 pour aider les pays en développement. Mais il ne fait qu’appeler ces pays à augmenter ce montant, pas suffisant pour les Etats en développement. Vendredi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a également demandé aux pays riches de sortir «l’argent sur la table».