Confinement en Sierra Leone: plus de 60 corps de malades découverts

La population de Sierra Leone a été assignée à résidence de vendredi à dimanche, afin de permettre aux équipes de campagne de sensibiliser les familles à Ebola. Plus de 60 corps de malades ont été découverts durant le confinement.

21 sept. 2014, 18:46
Healthcare workers, rear, clean Ebola virus prevention gear at the Hastings Police training school, used as a Ebola virus treatment center with over a hundreds beds  in the village of Hastings, Sierra Leone, Saturday, Sept. 20, 2014. Some in Sierra Leone ran away from their homes Saturday and others clashed with health workers trying to bury dead Ebola victims as the country struggled through the second day of an unprecedented lockdown to combat the deadly disease. (AP Photo/ Michael Duff)

L'opération de confinement a duré trois jours. Elle a permis d'identifier "22 nouveaux cas" et "les équipes mortuaires ont enterré entre 60 et 70 corps ces deux derniers jours", a déclaré la n°2 des services publics de santé en Sierra Leone, Sarian Kamara, évoquant la région ouest comprenant la capitale Freetown.

"L'ordre de rester à domicile a été bien respecté par la population, ce qui a permis aux équipes de campagne de sensibiliser chez elles les familles", a-t-elle estimé. Les six millions de Sierra-Léonais étaient assignés à domicile depuis vendredi pour une campagne de porte-à-porte d'une exceptionnelle envergure.

Menée par 30'000 volontaires, cette opération était destinée à informer la population sur l'épidémie qui a fait au moins 562 morts dans le pays, et 2630 au total en Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année.

Les volontaires avaient pour tâche d'expliquer la maladie et les bonnes pratiques pour l'éviter, de distribuer un savon à chacun des 1,5 million de foyers qu'ils devaient visiter, mais aussi d'alerter les services spécialisés s'ils découvraient des malades ou des morts.

La pertinence de ce confinement a été contestée par des experts, qui critiquaient également le manque de formation des volontaires.

Prêtre espagnol rapatrié

Les autorités espagnoles ont pour leur part annoncé avoir envoyé dimanche un avion militaire en Sierra Leone pour rapatrier un prêtre catholique espagnol atteint de la maladie.

Le père Manuel Garcia Viejo, membre de l'Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu, travaillait dans la ville de Lunsar, dans l'ouest du pays, a précisé le ministère espagnol de la Santé. Il est le second prêtre espagnol à être contaminé par la fièvre, après le décès en août d'un membre du même ordre, après avoir été rapatrié du Liberia.

De son côté, un des deux médecins néerlandais rapatriés de Sierra Leone avec des symptômes d'Ebola puis déclarés "en bonne santé" a de nouveau été hospitalisé pour une crise de paludisme, ont annoncé dimanche les autorités sanitaires néerlandaises. Les deux médecins, âgés de 39 et 31 ans, travaillaient dans une clinique de la fondation "Coeur de lion" à Yele, dans le centre du pays.

Capacité de lits augmentée

Le Liberia, qui s'attend à une forte hausse du nombre de cas, va pour sa part porter de 250 à 1000 le nombre de lits pour soigner les malades à Monrovia d'ici fin octobre, a annoncé le gouvernement. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà averti que le Liberia allait enregistrer "plusieurs milliers de nouveaux cas" à brève échéance.

"On refuse les patients (...) parce qu'il n'y a pas de place. C'est pourquoi le gouvernement va faire de son mieux pour disposer de mille lits afin de pouvoir accueillir tous les patients", a déclaré le ministre de l'Information Lewis Brown. Le Liberia est actuellement le pays le plus touché par l'épidémie avec plus de 1450 morts.

Dans le comté de Montserrado, dans l'ouest, qui inclut la capitale Monrovia, l'OMS avait indiqué qu'il y avait un besoin urgent d'un millier de lits pour les malades. Une unité de 150 lits devait déjà être ouverte dimanche dans la banlieue de Duala, à l'ouest de la capitale.

Gros afflux de malades

A Monrovia même, des travailleurs humanitaires ont raconté ne pas avoir d'autres choix que de refuser des patients, faute de capacités suffisantes.

Les derniers chiffres de l'OMS montrent que le Liberia a enregistré 2710 cas, mais ces données datent d'une semaine. Les services de santé de la capitale ont indiqué avoir dû faire face à un énorme afflux de patients au cours des derniers jours.