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Commérage génétique autour d'une d'idylle du fond des âges

En détective toujours plus habile, la génétique révèle des fricotages entre Néandertaliens et Cro-Magnon - c'est-à-dire nous. Et où ça a pu se dérouler!

20 mai 2010, 10:34

Vieux débat que les possibles unions entre feu Homo neandertalensis et Homo sapiens le toujours vif! Consommées? Les paléoanthropologues ont répondu tantôt oui souvent non, en se disputant sur le statut des deux parties - espèces distinctes? Sous-espèces? - ou en décrivant comme juste malformés des vestiges osseux donnés pour hybrides. Ou encore en préjugeant lourdement les Néandertaliens sans attrait pour des sapiens plus futés, plus habiles, plus gracieux.

La chronologie en revanche ne se discute pas. L'Eurasien Homo neanderthalensis est apparu il y a 400 000 ans, Homo sapiens il y a 180 000 ans en Afrique. Ils se sont rencontrés vers -100 000 au Proche-Orient, ont coexisté en Eurasie jusque vers -28 000 quand les derniers Néandertaliens se sont éteints à Gibraltar. L'actuelle génétique, elle, s'enflamme: toujours plus rapide à séquencer, reconstituer des patrimoines génétiques! «Nous allons bouleverser notre vision de l'évolution humaine», jubile le paléogénéticien Eske Willerslev (Université de Copenhague). Notamment, les hypothétiques unions neanderthalensis-sapiens viennent d'être pratiquement certifiées. Pourtant, en 2006, à peine initié sous la direction de Svante Paabo (Institut Max-Planck d'Anthropologie évolutive, Leipzig), le séquençage du génome néandertalien avait connu une secousse: de l'ADN moderne avait contaminé l'échantillon préhistorique, 300 mg d'os de Néandertaliens morts il y a 40 000 ans en Croatie. Et donc les premiers résultats.

Mais on sait désormais déceler une contamination - à 0,6% près, rien n'est parfait. Le génome néandertalien est défriché à 60%, d'innombrables fragments d'ADN en piètre état ont été remis dans le bon ordre grâce à l'ordinateur et à la connaissance des génomes de l'homme moderne et du chimpanzé. De là ont été faites de pénétrantes comparaisons. Il en ressort que 1 à 4% de l'ADN de l'homme actuel lui viendraient d'Homo neanderthalensis. Avec cette précision que le métissage est survenu hors d'Afrique. En effet, la confrontation avec les génomes d'un Chinois, d'un Français, d'un Papou et d'Africains du Sud (San) et de l'Ouest (Yoruba) a établi chez les Africains l'absence de séquences néandertaliennes. Et une récente étude, indépendante, situe bien un métissage au Proche-Orient vers -60 000, un autre en Extrême-Orient vers -40 000 ans.

Si Svante Paabo se réjouit «du Neandertal en nous», d'aucuns jugent l'analyse «de valeur limitée», parce qu'encore insuffisamment répétée - elle le sera 10 à 20 fois. Et prématurée donc l'annonce d'un cousinage resserré avec Neandertal. A croire qu'on n'en veut pas! /JLR

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