Commémorations au Rwanda: Paris sera représenté par son ambassadeur

Accusée par le président rwandais d'avoir participé aux massacres, la France a décidé de se faire représenter aux commémorations du 20e anniversaire du génocide par son ambassadeur.
07 août 2015, 13:34
The names of some of those who were slaughtered as they sought refuge inside the church are inscribed on a stone memorial outside to the thousands who were killed in and around the Catholic church during the 1994 genocide in Ntarama, Rwanda, Friday, April 4, 2014. The country will commemorate on April 7, 2014 the 20th anniversary of the genocide when ethnic Hutu extremists killed neighbors, friends and family during a three-month rampage of violence aimed at ethnic Tutsis and some moderate Hutus, leaving a death toll that Rwanda puts at 1,000,050. (AP Photo/Ben Curtis)

La France sera représentée lundi à Kigali aux commémorations marquant le 20e anniversaire du génocide rwandais par son ambassadeur Michel Flesch, a indiqué dimanche le Quai d'Orsay. Samedi, Paris avait annoncé ne pas vouloir participer à ces cérémonies annulé la venue à Kigali de la ministre de la Justice Christiane Taubira.

"L'ambassadeur sera présent à la cérémonie présidée par Paul Kagame", a précisé le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal. Samedi, le porte-parole avait déclaré que la France "regrettait de ne pouvoir prendre part aux commémorations" en annonçant l'annulation du voyage prévu à Kigali de sa ministre de la Justice, Christiane Taubira.

"Il n'a jamais été question d'un boycott des cérémonies", a affirmé dimanche Romain Nadal. "La décision samedi ne concernait que la participation de la ministre de la Justice aux cérémonies" après les propos du président Paul Kagame accusant Paris d'avoir "participé" au génocide de 1994 qui a fait 800'000 morts en 1994, a-t-il précisé.

Vingt ans après les faits, la France et le Rwanda restent sur des positions antagonistes sur l'interprétation du rôle de la France au Rwanda en 1994.

La France, alliée du régime du président Juvénal Habyarimana, était intervenue au Rwanda en juin 1994 dans le cadre d'une opération militaro-humanitaire mandatée par l'ONU. Selon Kigali, cette opération baptisée "Turquoise" a permis de protéger la fuite des responsables du génocide aux dépens de la minorité tutsi.