Comme promis, la France s'engage sur la voie d'une réduction du nucléaire

Les députés français ont voté vendredi la réduction de la part du nucléaire dans la production d'électricité du pays de 75% à 50% en 2025. Ils ont ainsi avalisé une promesse phare du président socialiste François Hollande avant son élection en 2012.

10 oct. 2014, 21:25
Francois Hollande a obtenu ce qu'il avait promis malgré la ferme opposition de la droite.

Ce vote, dans le cadre d'un ambitieux projet de loi sur la transition énergétique, s'est déroulé dans une atmosphère tendue au lendemain d'une reculade controversée du gouvernement sur un autre dossier écologique sensible, l'instauration abandonnée d'une taxe poids lourds.

La gauche, majoritaire à l'Assemblée nationale, a applaudi à l'adoption de l'article entérinant la réduction de la part du nucléaire, qui prévoit aussi de diminuer de moitié la consommation énergétique des Français en 2050 par rapport à 2012.

Les députés ont assorti ce dernier point d'un objectif intermédiaire visant à réduire la consommation de 20% en 2030, en ligne avec un projet européen qui sera sur la table du prochain sommet des dirigeants de l'Union européenne (UE) les 23 et 24 octobre à Bruxelles.

Baisse de 40% des émissions de gaz

Parmi les autres objectifs définis, figurent notamment une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030, et leur division par quatre en 2050. La part des énergies renouvelables doit, elle, être portée à 23% en 2020 et 32% en 2030. Parallèlement, la consommation des énergies fossiles doit diminuer de 30% en 2030.

La réduction de la part du nucléaire est vivement combattue par l'opposition de droite. Elle a fustigé un "parti pris idéologique" et dénoncé un "compromis politique entre le candidat François Hollande et les écologistes".

La France est le deuxième producteur mondial d'électricité d'origine nucléaire, avec un parc de 58 réacteurs répartis sur 19 centrales. Le président Hollande avait promis, avant son élection en 2012, de réduire la part de l'atome dans cette production.

Il s'était aussi engagé à fermer fin 2016 la plus vieille centrale du pays, installée à Fessenheim, en Alsace. Sa ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a toutefois remis en question cette dernière promesse la semaine passée, en n'excluant pas de fermer d'autres réacteurs que ceux de Fessenheim.