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Côme: le renvoi forcé des demandeurs d'asile de Suisse vers l'Italie critiqué par Amnesty International

Amnesty International fustige le comportement de la Suisse envers les demandeurs d'asile qui sont renvoyés en Italie depuis l'été. L'organisation dénonce notamment le zèle des gardes-frontières.

21 févr. 2017, 19:31
/ Màj. le 22 févr. 2017 à 06:30
Le rapport accuse les gardes-frontières suisses d'avoir empêché de nombreux migrants de solliciter l'asile en Suisse.

Le renvoi forcé depuis l'été de milliers de demandeurs d'asile de Suisse vers l'Italie est critiqué par Amnesty International (AI) dans son rapport publié mercredi. L'organisation dénonce en particulier des contrôles au faciès, le zèle des gardes-frontières helvétiques et le refoulement de mineurs non accompagnés venant de Côme, en Italie voisine.

Beaucoup de migrants interrogés par Amnesty à Côme ont indiqué avoir sollicité en vain la protection des autorités suisses. Nombre d'entre eux auraient déposé une demande d'asile à plusieurs reprises, sans résultat. AI indique avoir discuté avec des jeunes qui ont tenté d'entrer en Suisse jusqu'à huit reprises.

Le camp de migrants de Côme, près de Chiasso, a été ausculté sur place par des membres de l'organisation de défense des droits humains. L'ONG y a observé des contrôles de faciès abusifs sur "des personnes de couleur ou avec une physionomie maghrébine".

Pour Denise Graf, coordinatrice Asile pour la section suisse d'AI, "il est clair que les modalités du contrôle des frontières mises en place par les autorités suisses empêchent ou dissuadent des personnes d'entrer dans le pays", résume-t-elle dans des recherches dont l'ats a eu copie.

Gardes-frontières zélés

Le rapport accuse les gardes-frontières suisses d'avoir empêché de nombreux migrants de solliciter l'asile en Suisse. "En refusant ce droit, les gardes-frontières violent le droit suisse", s'insurge Amnesty.

Le rapport recense par ailleurs plusieurs milliers de cas de réfugiés et de migrants renvoyés de force vers l'Italie via des procédures frontalières "simplifiées", ce qui correspond pour Amnesty au renvoi forcé illégal (push-back) de milliers de demandeurs d'asile vers l'Italie. A la suite d'entretiens qu'AI a eu avec ces personnes, il en ressort "une absence d'évaluation des situations individuelles" liée aux risques d'un retour en Italie, voire d'un refoulement depuis l'Italie vers un Etat comme le Soudan.

De plus, l'absence d'interprètes lors de la forte présence d'Erythréens et de Soudanais à Côme au plus fort de la crise migratoire n'a pas facilité la compréhension entre les personnes interceptées et les gardes-frontières, relève encore AI.

Abus constatés

Le renvoi forcé vers l'Italie expose aussi les requérants d'asile à des mesures jugées "disproportionnées" pour les contraindre à se laisser prendre leurs empreintes digitales en Italie. Le "hotspot" de Tarante, dans les Pouilles (sud), a ainsi été épinglé par AI dans un précédent rapport.

"La situation est d'autant plus grave" pour les mineurs non accompagnés. Plusieurs centaines d'entre eux se sont présentés à la frontière suisse et n'auraient pas fait l'objet "de l'attention requise" eu égard à leur vulnérabilité et aux exigences de la loi sur l'asile relative à la protection de l'enfance.

Durant toute l'année 2016, "les gardes-frontières ont renvoyé vers l'Italie des douzaines de ces mineurs ayant de proches parents en Suisse", condamne l'ONG pour qui l'intérêt supérieur de l'enfant doit primer dans ce cas.

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