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Chirac tente de reprendre la main

Le président de la République a réaffirmé hier son soutien à Dominique de Villepin. Chirac a par ailleurs catégoriquement nié détenir un compte de 70 millions de francs au Japon acques Chirac a tenté hier de reprendre l'initiative face à l'emballement de l'affaire Clearstream. Le président français a écarté un départ de son premier ministre Dominique de Villepin et fustigé la «dictature de la rumeur» et de la «calomnie».

11 mai 2006, 12:00

Dans une déclaration solennelle surprise, Jacques Chirac a riposté après avoir été lui-même cité mardi, en marge de cette affaire, par le journal satirique «Le Canard enchaîné» pour la détention d'un compte bancaire de 45 millions d'euros au Japon, ce qu'il a nié «catégoriquement».

Alors que le sommet de l'Etat est ébranlé, Jacques Chirac a mis en cause «l'irrespect et l'exploitation jusqu'à l'outrage des procédures judiciaires en cours, au risque de faire le lit des extrémismes et de désespérer les Français de la politique».

Jacques Chirac, 73 ans, a lié les remous de l'affaire Clearstream - qu'il n'a toutefois pas nommément citée - à «la perspective des élections qui agite les esprits» pour sa succession en 2007. «Mais l'élection présidentielle, c'est dans un an», a-t-il lancé, en demandant aux ministres de faire leur travail «sans calcul». Jacques Chirac a voulu mettre un terme aux spéculations sur un départ forcé du premier ministre, au coeur de la tourmente et au plus bas dans les sondages. «Je fais toute confiance au gouvernement de Dominique de Villepin pour conduire la mission que je lui ai confiée et j'attends de lui qu'il accélère encore son action». Plusieurs journaux ont publié des pièces du dossier d'instruction de Clearstream, une affaire de dénonciation calomnieuse visant notamment le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, grand rival de Dominique de Villepin pour 2007.

Démentis en cascade

L'entourage de Jacques Chirac avait dû intervenir dès mardi soir pour démentir des informations du «Canard»: citant des déclarations à la justice du général Rondot, un des protagonistes clef de l'affaire, l'hebdomadaire avait mentionné l'existence d'un compte du président à la Tokyo Sowa Bank alimenté par une mystérieuse «fondation culturelle».

Presque simultanément, Nicolas Sarkozy fustigeait devant ses partisans les «apprentis comploteurs cherchant à salir». Il a été faussement accusé en 2004, comme d'autres personnalités, de détenir des comptes occultes à l'étranger, via la société financière luxembourgeoise Clearstream, pour recevoir des pots-de-vin prétendument versés lors de la vente de frégates à Taïwan.

«J'irai jusqu'au bout de l'exigence de vérité», a-t-il dit après avoir été entendu à sa demande par les juges chargés de démasquer le «corbeau» à l'origine des accusations.

Selon «Le Canard», le «corbeau» serait bien le vice-président exécutif du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, Jean- Louis Gergorin, un proche du premier ministre. Agé de 60 ans, il a été déchargé hier à sa demande de ses fonctions «afin de pouvoir se consacrer (...) à sa défense».

«Watergate à la française»

L'affaire Clearstream, parfois qualifiée de «Watergate à la française», apporte chaque jour son lot de révélations, de démentis, de petites phrases assassines à l'Assemblée nationale et dans les médias, qui alimentent les déchirements entre les «sarkozystes» et le dernier carré des «villepinistes». /ats-afp-reuters

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