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Chirac accusé de financement occulte

12 sept. 2011, 11:20

Un pilier de la «Françafrique» a allumé un incendie en accusant hier Jacques Chirac d'avoir reçu des financements africains occultes. Ces accusations ont été reprises à Abidjan, alors que l'ex-président français a annoncé qu'il portait plainte pour diffamation.

Dans «Le Journal du Dimanche» d'hier, l'avocat franco-libanais Robert Bourgi, 66 ans, décrit avec luxe de détails des remises de fonds émanant de chefs d'Etat africains - «plusieurs dizaines de millions de francs», «incalculable!» - qu'il aurait réalisées entre 1997 et 2005 auprès de l'ancien président et de celui qui fut son secrétaire général et Premier ministre, Dominique de Villepin.

L'ex-numéro deux du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo a renchéri hier en affirmant que quelque trois millions d'euros avaient bien été transférés d'Abidjan à Paris pour financer la campagne pour la réélection de Jacques Chirac en 2002. A Paris, un membre de l'entourage en France de Laurent Gbagbo a ajouté que «cela devait éclater un jour ou l'autre». L'avocat de Jacques Chirac, Jean Veil, a aussitot annoncé un dépôt de plainte contre Robert Bourgi pour diffamation tandis que Dominique de Villepin dénonçait des «fariboles», un «écran de fumée» ou encore une «volonté de salir la présidence Chirac». L'étonnante confession de l'avocat, un homme de l'ombre, coïncide avec la sortie d'un livre-brûlot du journaliste-enquêteur Pierre Péan, «La République des mallettes», décrivant un tourbillon de commissions et rétrocommissions autour de l'homme d'affaires Alexandre Djouhri, ami de Dominique de Villepin.

Pourquoi ces révélations soudaines après un long silence? «Je veux tourner la page du passé, un passé dont je ne suis pas très fier», a dit Robert Bourgi sur «RTL». Une explication qui ne convainc pas tout le monde. Il est «scandaleux que Robert Bourgi ait attendu que le président Chirac ne soit plus en mesure de se défendre pour soulager son âme délicate», a ironisé Me Veil, en allusion à la maladie dont souffre l'ex-chef de l'Etat, 79 ans en novembre. Souvent qualifié de conseiller officieux de Nicolas Sarkozy, Robert Bourgi exonère l'actuel président français qui «m'a demandé de travailler pour lui, mais sans le système de financement par valises». / ats-afp

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