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«C'en est fini des provocations»

Des milliers d'homosexuels ont pris part hier à la Gay Pride. Sous la pression des religieux, les participants ont été confinés dans un stade Plusieurs milliers d'homosexuels israéliens ont participé à la Gay Pride organisée hier à Jérusalem. Faute de pouvoir défiler dans les rues de la ville sainte, ils se sont rassemblés dans un stade, sous haute sécurité.

12 nov. 2006, 12:00

Dans une atmosphère festive, militantes et militants homosexuels ont agité des drapeaux aux couleurs de l'arc-en-ciel, symbole de la fierté «gay» et du pacifisme, dans une ville sous haute surveillance après les menaces de représailles palestiniennes à la suite du bombardement israélien de Beït Hanoun, dans la bande de Gaza, qui a tué 19 civils.

Menaces

Les juifs ultraorthodoxes avaient menacé d'attaquer le défilé que les militants homosexuels voulaient organiser dans la ville. Pendant plusieurs jours, ils avaient dressé des barricades dans les rues, brûlé des pneus et affronté les forces de l'ordre pour dire leur hostilité à cette manifestation. Jeudi, les organisateurs ont annoncé qu'ils annulaient le défilé et le remplaçaient par un rassemblement dans le stade de Givat Ram, la police, mobilisée à la suite des événements de Beït Hanoun, ayant fait savoir qu'elle ne pourrait assurer la sécurité de la marche gay et lesbienne.

Arrestations

Trois mille policiers étaient toutefois mobilisés autour du stade hier pour éviter tout débordement. «Pourquoi nous enferment-ils dans un placard? Il y a plusieurs façons d'être juif», s'est insurgé Yossi Gilad, 36 ans, employé d'une ONG à Tel-Aviv. Une femme tendait une pancarte: «Je suis fière d'être juive et lesbienne».

La police a arrêté près du stade plusieurs jeunes militants ultrareligieux qui portaient sur eux des couteaux et des poings américains. Quelques incidents sans gravité ont opposé de jeunes ultraorthodoxes à des militants homosexuels. «Ici, ce n'est pas le pays des homos, c'est la Terre Sainte», a lancé le rabbin Yehuda Levin, membre d'un mouvement ultra-orthodoxe. «Ce jour marque une grande victoire du pouvoir religieux. On a renvoyé les sodomites au placard. C'en est fini des provocations», a-t-il affirmé.

Les religieux mobilisés

Depuis plus d'une semaine, les juifs religieux étaient partis en guerre contre cette fête. Les hommes en redingote noire et papillotes s'étaient chaque jour mobilisés.

Les ultra-orthodoxes - environ sept pour cent de la population de l'Etat hébreu - considéraient ce défilé de quelque 8000 gays dans les rues de Jérusalem comme une «provocation dirigée contre la religion en général, et donc Dieu, et non contre le seul judaïsme». / ats-afp-reuters

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