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Bruxelles hausse le ton

Les Vingt-cinq mettent en demeure le Hamas de clarifier sa position face à Israël. Dans l'immédiat, ils pourraient continuer à apporter leur soutien financier aux Palestiniens Le leader palestinien Mahmoud Abbas et le Hamas ont appelé hier au maintien de l?aide internationale offerte aux Palestiniens. Cette assistance est remise en question après la victoire du groupe radical islamiste aux dernières législatives. Mahmoud Abbas a lancé son appel après des entretiens avec la chancelière allemande. Angela Merkel est la première responsable européenne de ce rang à effectuer une visite à Ramallah depuis le triomphe du Hamas au scrutin de mercredi aux dépens du Fatah, le parti au pouvoir de l?Autorité palestinienne. «Nos discussions ont porté sur la nécessité du maintien de cette aide pour que notre peuple reste debout», a déclaré Mahmoud Abbas lors d?une conférence de presse avec Angela Merkel à Ramallah, en Cisjordanie. «Nous avons réaffirmé notre engagement à parvenir à la paix en revenant à la table des négociations», a-t-il ajouté. Le Quartette, composé des Etats-Unis, de l?Union européenne (UE), de la Russie et de l?ONU, devait examiner hier soir à Londres les conséquences de la victoire du Hamas. De son côté, le chef de file du groupe radical, Ismaïl Haniyeh, avait appelé le Quartette à maintenir son aide financière et à dialoguer «sans conditions» avec le mouvement islamiste. «Nous vous appelons à un dialogue (...) dans un esprit de neutralité», a déclaré Ismaïl Haniyeh dans un message adressé au Quartette et lu à la presse à Gaza. /ats-afp-reuters

31 janv. 2006, 12:00

Maniant la carotte et le bâton, les Vingt-cinq ont mis hier le Hamas en demeure de renoncer à la violence et de reconnaître Israël, sous peine de réduire, voire de supprimer, leur aide au développement des territoires palestiniens.

Cruel dilemme: l'Union européenne (UE) peut-elle continuer de financer le développement des territoires palestiniens alors qu'ils vont être gouvernés par le Hamas, placé sur la liste européenne des organisations terroristes? Mais en rompant les ponts, ne risque-t-elle pas de perdre pied au Proche-Orient et, partant, d'y faire le lit des extrémistes de tout poil?

Ces questions ont été longuement débattues, hier à Bruxelles, par les ministres des Affaires étrangères des Vingt-cinq, soucieux d'arrêter une stratégie européenne avant que se réunisse, dans la soirée à Londres, le «quartette» (Etats-Unis, UE, Russie, ONU) des parrains du processus de paix au Proche-Orient.

Le processus électoral palestinien a été «libre et équitable».

Ils ont refusé d'y apporter «des réponses faciles», note le Français Philippe Douste-Blazy, en raison de la grande incertitude qui règne encore dans les territoires palestiniens: le Hamas gouvernera-t-il seul? Son attitude à l'égard de l'Etat d'Israël, dont il prône toujours la destruction, va-t-elle évoluer? L'Union européenne et ses Etats membres sont les principaux bailleurs de fonds des Palestiniens (quelque 500 millions d'euros en 2005; lire encadré).

Ils n'ont pas renoncé, hier, à conserver ce statut, pour peu que le nouveau gouvernement palestinien qui sera formé se plie à certaines exigences européennes. Il devra notamment s'engager à trouver une solution pacifique et négociée au conflit avec Israël -- sur la base des accords d'Oslo --, soulignent les Vingt-cinq, qui réclament dans ce contexte que le Hamas renonce à la violence, désarme ses troupes et reconnaisse le droit de l'Etat hébreu à exister. «Sur cette base, l'Union est prête à continuer de soutenir le développement économique palestinien et l'édification d'un Etat démocratique», relèvent les conclusions de l'UE. Pour Philippe Douste-Blazy, il eût été d'autant plus «contreproductif» de brandir immédiatement de lourdes menaces que l'aide européenne est «vitale» pour garantir la création et la survie d'un gouvernement palestinien stable.

Assurer la stabilité

Par ailleurs, reconnaissent les Vingt-cinq, le processus électoral palestinien a été «libre et équitable». Les Européens insistent sur le «rôle central» que devra tenir le président palestinien, Mahmoud Abbas, en vue «d'assurer la stabilité» pendant la «période transitoire» qui s'est ouverte dans son pays -- le chef de la diplomatie néerlandaise, Bernard Bot, évalue sa longueur à trois mois. Parallèlement, ils pressent Israël «de remplir ses obligations», aux termes de la feuille de route sur le processus de paix au Proche-Orient, en vue de permettre la création d'un Etat palestinien indépendant et viable. Sous-entendu: l'Etat hébreu ne devrait pas mettre à exécution sa menace de retenir des droits de douanes et des taxes dus aux Palestiniens. / TVE

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