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Boris Eltsine, entre tragédie et comédie

L'ancien président russe est décédé hier. Entre les drames et les épisodes quasi comiques, c'est une vie hors norme que Boris Eltsine aura vécu. Un destin comme seule la Russie sait en livrer. Deux images. La première date d'août 1991. Boris Eltsine, le président de la République socialiste soviétique de Russie débout sur un tank: il défie les putschistes qui ont fait arrêter Mikhaïl Gorbatchev, le président de l'URSS et qui veulent remettre le pays au pas. C'est un exercice de volonté pure: Eltsine n'a rien, les membres de la junte contrôlent un des plus redoutables appareils sécuritaires du XXe siècle. Les putschistes baissent le regard les premiers, Boris Eltsine triomphe.

24 avr. 2007, 12:00

La deuxième image est prise 5 ans plus tard. En janvier 1996, il commente la prise d'otage de Kizlar par des indépendantistes tchétchènes. Bouffi, pathétique, le président russe épaule un fusil imaginaire et raconte «que chaque terroriste est dans le viseur d'un tireur d'élite». Un ordre et tous tomberont raide morts. L'affaire se soldera par un assaut aussi confus que sanglant.

Boris Eltsine était hors norme, tant dans ses moments de gloire que dans ses frasques et déchéances. Sa biographie est truffée de contrastes et d'ironies. Jeune premier secrétaire du Parti communiste à Sverdlovsk (Ekaterinbourg), il laminera en 1977 la maison d'Ipatiev, dans laquelle Lénine avait fait massacrer le dernier tsar Nicolas II et sa famille. Vingt ans plus tard, chef du nouvel Etat russe, il présidera à leurs obsèques définitives à Saint-Pétersbourg. Appelé à Moscou en 1985, il devient le premier secrétaire du parti de la capitale. Il se lance avec fougue dans la glasnost et la perestroïka décrétée par Mikhaïl Gorbatchev. Mais il est rapidement l'homme à abattre pour les conservateurs. Acculé, Gorbatchev le sacrifie en 1987.

Cette humiliation laisse une marque profonde chez Eltsine. Ce rancunier cyclothymique se mobilisera désormais infailliblement lorsque son pouvoir est menacé. En 1993, il dissout à coups de canon le Parlement russe, devenu le foyer d'une opposition réactionnaire.

En 1996, il arrachera une victoire improbable aux élections présidentielles, payant cet effort titanesque de sa santé. Juste avant le 2e tour, une crise cardiaque menace de tout faire basculer. Son entourage camouflera tout. Eltsine passe. / ERE

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