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Blocher programme un référendum anti-UE

19 janv. 2008, 12:00

Dans son traditionnel discours de l'Albisguetli, le tribun renoue avec la tradition de l'UDC. L'Union européenne (UE) et les excès de la fiscalité sont à nouveau ses cibles privilégiées. Son public lui en sait gré. «Nous allons lancer un referendum contre l'extension de la libre circulation si?». Christoph Blocher ne peut pas poursuivre: l'Albisguetli explose littéralement d'applaudissements. Le tribun hésite. Puis il ajoute tout de même: «?si Bruxelles n'abandonne pas ses exigences en matière fiscale». Mais la majorité du public n'enregistre plus vraiment cette condition ou fait mine de rien. Mais le leader de l'UDC dévie ensuite passablement du texte préalablement distribué à la presse. Dans celui-ci, outre cette condition était formulée de façon bien plus précise. Mieux: il contient même d'autres que Blocher a finalement choisi de taire lors de son discours.

Le référendum serait aussi lancé si le Conseil fédéral n'obtient pas un délai de transition prolongé de cinq années supplémentaires pour la Bulgarie et la Roumanie, dit le texte remis aux journalistes. De plus Christoph Blocher souhaite exiger la signature d'un accord de réadmission pour leurs ressortissants criminels ou séjournant illégalement en Suisse. Enfin, le parlement doit être mis en demeure de refuser toute les mesures d'accompagnement supplémentaires exigées par les syndicats en échange de l'ouverture du marché suisse du travail. L'abandon des prétentions de Bruxelles dans le domaine de la fiscalité ne constituait donc que la cerise sur le gâteau: la condition sine quo non pour que l'UDC renonce de s'attaquer aux deux futurs accords bilatéraux. La réaction du public laisse cependant prévoir que le référendum contre l'extension de la libre circulation est d'ores et déjà programmé.

Christoph Blocher a aussi évoqué des axes d'attaque qui ne faisaient pas partie de son texte distribué. Il a notamment pris dans son collimateur l'éducation publique «qui est aux mains des soixante-huitards». «Mes enfants ont tous passé par l'école publique. Mais aujourd'hui 30% des enfants voient surtout des psychologues et des éducateurs spécialisés!»

Il a parlé de la politique énergétique, en exigeant la construction de nouvelles centrales nucléaires. «Nous devons pousser les grandes entreprises d'électricité à faire des propositions», a-t-il lancé. Mais le second thème qui fait véritablement vibrer son public, c'est évidemment celui de la fiscalité. «C'est clair: l'UDC s'opposera à toute augmentation des prélèvements obligatoires», lance Christoph Blocher. Dans son viseur: l'augmentation de la TVA pour rembourser la dette de l'AI. «Nous ne l'accepterons que si l'AI est assainie de façon durable», rappelle-t-il.

Avec l'ironie féroce qui le caractérise, il se félicite que la politique d'opposition de l'UDC porte déjà ses fruits. Le PDC a accepté de soutenir un contre-projet à l'initiative UDC sur les primes de l'assurance maladie. Mieux. «Ils vont décider à Altdorf de soutenir tout ce qu'ils ont toujours combattu», grince Christoph Blocher. «Mais ne vous inquiétez pas: dans deux semaines, ils auront à nouveau changé d'avis» Rires et applaudissements se font tonitruants.

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