Birmanie: l'ONU demande un accès humanitaire suite à un nouveau drame vécu par la minorité Rohingya

Au moins 15 réfugiés de la minorité musulmane des Rohingyas ont perdu la vie dans l'Ouest de la Birmanie alors qu'ils tentaient de fuir le pays. L'ONU dénonce un "cauchemar humanitaire" et demande un accès dans la zone de conflit.
29 sept. 2017, 07:08
En Birmanie, les Rohingyas n'ont accès ni aux hôpitaux, ni au marché du travail et ne peuvent voyager ou se marier sans autorisation.

Le patron des Nations unies Antonio Guterres a réclamé un "arrêt des opérations militaires" dans l'ouest de la Birmanie et dénoncé un "cauchemar humanitaire". Dans le même temps un nouveau drame touchait la minorité musulmane avec la mort d'au moins 15 réfugiés.

Une embarcation de Rohingyas, partie mercredi soir vers le Bangladesh depuis un village côtier de l'Etat Rakhine, a coulé à quelques encablures de la terre ferme, victime de pluies torrentielles et de vents violents. Les eaux du golfe du Bengale ont charrié 15 corps, dont ceux de 10 enfants et 4 femmes, un bilan qui devrait s'alourdir.

 

 

Lors d'une rare réunion publique du Conseil de sécurité sur la Birmanie - la dernière remontait à 2009 -, demandée par sept de ses 15 membres, Antonio Guterres a réclamé jeudi au gouvernement birman un "accès humanitaire" dans la zone de conflit. Il demande aussi "le retour en sécurité, volontaire, digne et durable" dans leurs régions d'origine des réfugiés ayant fui au Bangladesh.

Le nombre de Rohingyas réfugiés dans ce pays depuis fin août pour échapper aux violences en Birmanie a franchi jeudi la barre du demi-million, selon les Nations unies. Il s'agit de l'un des plus importants déplacements de population de ce début de XXIe siècle en Asie.

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Parti pris

Sous le feu des critiques, la Birmanie dénonce un parti pris pro-Rohingyas de la communauté internationale. "Il n'y a ni nettoyage ethnique, ni génocide en Birmanie", a assuré au Conseil Thaung Tun, conseiller birman à la sécurité nationale.

 

 

Zones de sécurité

Les Rohingyas, plus grande population apatride au monde, sont traités comme des étrangers en Birmanie, un pays à plus de 90% bouddhiste. Victimes de discriminations, ils ne peuvent ni voyager ni se marier sans autorisation, et n'ont accès ni au marché du travail ni aux services publics comme les écoles et les hôpitaux.

 

 

L'ONU considère que l'armée birmane et les milices bouddhistes se livrent à une épuration ethnique contre cette communauté musulmane dans l'Etat Rakhine, région historiquement troublée. Le président français Emmanuel Macron a même parlé de "génocide".

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Le Bangladesh réclame la création "de zones de sécurité en Birmanie" pour permettre un retour des Rohingyas, a rappelé l'ambassadeur bangladais, Massoud Ben Momen, lors de la réunion du Conseil de sécurité.