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Bain de sang au Sri Lanka

Un attentat à la bombe attribué aux Tigres tamouls fait soixante-quatre morts. Cette attaque menace le processus de paix et fait ressurgir la crainte d'une nouvelle guerre civile Au moins 64 civils ont été tués hier au Sri Lanka dans un attentat contre un bus attribué aux Tigres tamouls. Cette attaque, la plus meurtrière depuis dix ans, renforce les craintes que le pays replonge dans une guerre ouverte.

16 juin 2006, 12:00

Le gouvernement de Colombo, qui a immédiatement imputé aux séparatistes tamouls cet attentat, a assuré néanmoins que le processus de paix tenait toujours.

«Ce n'est pas une déclaration de guerre mais un acte terroriste. En ce qui concerne le processus de paix et le cessez-le-feu, ils sont encore en vigueur mais nous devons les réexaminer», a déclaré le porte-parole du gouvernement pour les questions de Défense, Keheliya Rambukwella.

Les Tigres démentent

Le gouvernement a accusé les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE, séparatistes tamouls). Mais ces derniers ont démenti toute implication. «Les LTTE condamnent cet attentat contre un car civil», a indiqué la rébellion dans un communiqué.

Par le passé, les rebelles ont déjà nié toute implication dans des attentats similaires contre des militaires perpétrés dans le nord et l'est de l'île, où la minorité tamoule est majoritaire et où ils réclament l'instauration d'un Etat indépendant.

Cet attentat est le plus meurtrier depuis l'explosion d'un train en 1996, qui avait fait 70 morts. Une mine antipersonnel, ou une charge explosive posée sur le bord de la route, a été déclenchée au passage du car, a précisé un porte-parole militaire. Ce modus operandi est privilégié par les LTTE.

Cinquante-huit personnes ont été tuées sur le coup. Six blessés sont morts à leur arrivée à l'hôpital. Une quarantaine de blessés, dont des enfants, ont été hospitalisés. La plupart des victimes appartenaient à la communauté cingalaise, majoritaire dans l'île. Au moins 760 personnes ont été tuées depuis décembre au Sri Lanka dans le cadre d'une escalade des violences liée au conflit séparatiste, qui a fait plus de 60.000 morts depuis 1972.

Une trêve avait été signée début 2002 entre les séparatistes et Colombo, sous l'égide de la Norvège. Mais elle ne vaut guère plus que sur le papier. Quant aux pourparlers, qui avaient été lancés en vue d'une paix durable en septembre 2002, ils sont interrompus depuis avril 2003.

La Norvège a indiqué la semaine dernière qu'elle allait reconsidérer son rôle de médiatrice, après l'échec de négociations qu'elle avait tenté d'organiser à Oslo. Le gouvernement norvégien a accusé les séparatistes d'être à l'origine de l'échec des négociations, qui devaient représenter les premiers contacts directs entre Colombo et les Tigres depuis une rencontre en février à Genève.

La Norvège avait déjà fin mai averti qu'une «crise majeure» se profilait au Sri Lanka. Le principal médiateur, Erik Solheim, avait estimé que le pays «s'acheminait vers davantage de violences ou même une guerre totale». La Suisse a quant à elle «fermement condamné» l'attentat. / ats-afp-reuters

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