Autriche: l’ancien chancelier Sebastian Kurz se retire de la vie politique

Soupçonné de corruption, l’ex chancelier autrichien Sebastien Kurz avait démissionné au début du mois d’octobre. Ce jeudi, il a annoncé se retirer du monde politique pour consacrer du temps à son fils né le week-end dernier.
02 déc. 2021, 12:07
Son retrait de la vie politique serait lié à la naissance de son fils.

Deux mois à peine après sa démission de la chancellerie sur des soupçons de corruption, Sebastian Kurz, présenté hier comme «l’enfant prodige» de la politique autrichienne, tire à 35 ans sa révérence. Il dit vouloir consacrer du temps à sa famille.

«C’est un nouveau chapitre de ma vie qui s’ouvre aujourd’hui», a-t-il déclaré aux journalistes jeudi à Vienne, disant vouloir consacrer du temps à son fils Konstantin, né le week-end dernier. Il a également évoqué un nouveau «défi professionnel» dans les mois à venir, sans donner de détails.

C’est un nouveau chapitre de ma vie qui s’ouvre aujourd’hui.
Sebastian Kurz, ex-chancelier autrichien

Sebastian Kurz avait quitté son poste de chancelier en octobre après le lancement d’une enquête à son encontre, tout en restant à la tête du parti conservateur ÖVP dont il présidait aussi le groupe parlementaire.

«Usé»

Une réunion du bureau fédéral se tiendra vendredi et «je remettrai mes fonctions», a-t-il précisé. «Cette décision n’a pas été facile à prendre mais malgré tout, je ne ressens aucune amertume», a ajouté l’ex-chancelier.

Il a expliqué avoir été «usé» par les récentes accusations du parquet, qu’il rejette et qui ont «entamé son enthousiasme». «Je ne suis ni un saint ni un criminel, je suis un être humain avec des forces et des faiblesses», a-t-il souligné.

Soupçons de détournements

Le scandale a éclaté en octobre, lorsque plusieurs lieux, dont la chancellerie et le ministère des Finances, ont été perquisitionnés dans le cadre d’une enquête portant sur des soupçons de détournement de fonds publics entre 2016 et 2018.



Ce détournement présumé avait pour but de financer la parution de sondages falsifiés et une couverture médiatique élogieuse à l’égard de Sebastian Kurz dans les médias d’un influent groupe de presse autrichien, Österreich. En échange, ce dernier était récompensé via l’achat de lucratifs encarts publicitaires, selon les éléments du parquet.