Au moins 14 des 57 étudiants mexicains disparus mardi ont réapparu

Des 57 étudiants mexicains qui ont disparu mardi, 14 ont réapparu. Les autres se cacheraient. La piste d'enlèvements organisés par les forces de l'ordre, suite à des manifestations anti-corruption, se précise.

01 oct. 2014, 07:02
Des manifestations ont été organisées pour exiger le retour des étudiants disparus. La police serait impliquée dans ces enlèvements.

Au moins 14 des 57 étudiants portés disparus après des affrontements violents dans l'Etat du Guerrero, au sud du Mexique, ont réapparu au cours des dernières heures, a indiqué mardi la Commission régionale des droits de l'Homme. Les autres pourraient être cachés.

"Heureusement, le chiffre des étudiants disparus baisse, et sur les 57 portés disparus, nous n'en recherchons plus que 43", a dit Ramón Navarrete Magdaleno, président de la Commission de l'Etat de Guerrero.

Les autres étudiants de l'école normale d'Ayotzinapa pourraient être cachés à Iguala par crainte des représailles après leurs récentes mobilisations, selon M. Navarrete.

"Disparitions forcées"

Inaky Blanco Cabrera, procureur général du Guerrero, a indiqué lundi lors d'une conférence de presse que la justice s'interrogeait sur le rôle qu'avaient pu jouer des officiers de la police locale dans ces disparitions. Il a indiqué que l'une des pistes de l'enquête était des "disparitions forcées", terme utilisé dans les cas d'enlèvements pratiqués par les forces de sécurité.

Le police et la protection civile du Guerrero ont déployé un hélicoptère pour renforcer depuis dimanche les recherches à Iguala et les environs pour retrouver les étudiants disparus de l'école normale rurale d'Ayotzinapa.

Les étudiants de cette école protestaient contre ce qu'ils considèrent comme des mesures discriminatoires en faveur des étudiants des villes dans le recrutement, ainsi que contre la réforme de l'enseignement. Ils avaient notamment attaqué et mis le feu à plusieurs autobus du service public.

Vingt-deux arrestations

Vingt-deux policiers locaux ont été arrêtés comme présumés responsables des violences contre les étudiants. "Il est indéniable qu'il y a eu usage excessif de la force" a dit Cabrera aux journalistes. Pour lui, "il n'y avait aucune justification à l'usage d'armes à feu".

Au moins six personnes étaient mortes vendredi après des affrontements dans les rues d'Iguala. Il s'agit de deux étudiants, de deux habitants de la ville et de deux joueurs de l'équipe locale de football dont l'autobus a été attaqué par des hommes armés non identifiés.

L'Etat de Guerrero est l'un des plus pauvres et des plus violents du Mexique. Les cartels de la drogue y cachent de nombreux laboratoires clandestins de fabrication de drogue synthétique et des zones de culture de la marijuana.