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Arroyo prend les devants

La présidente Gloria Arroyo a décrété l'état d'urgence en vue de déjouer une insurrection. Des hauts gradés ont été arrêtés. La mesure pourrait unifier l'opposition La présidente des Philippines Gloria Arroyo a décrété l'état d'urgence hier à la suite d'un coup d'Etat présumé. L'opposition et les observateurs jugent cette réaction disproportionnée et dommageable pour l'économie du pays.

25 févr. 2006, 12:00

Les rumeurs de complot contre la présidente se sont faites insistantes cette semaine, qui marque le dixième anniversaire du soulèvement populaire ayant conduit au renversement du dictateur Ferdinand Marcos en 1986. «J'ai déclaré l'état d'urgence», a-t-elle annoncé dans un discours diffusé à la radio et à la télévision.

«Le gouvernement surréagit»

«C'est une mise en garde contre ceux qui voudraient tenter quoi que ce soit contre le gouvernement», a-t-elle poursuivi, dénonçant un «complot systématique» ourdi par des opposants, des groupes communistes et des «militaires aventuristes». Plusieurs hauts gradés de l'armée ont été arrêtés.

L'état d'urgence permet des arrestations sans mandat et une prolongation de la garde à vue sans inculpation. C'est une question très sensible pour les Philippins, qui ont vécu neuf ans de loi martiale sous l'ancien dictateur Ferdinand Marcos.

«Elle est faible»

Après cette annonce, le peso est tombé jusqu'à 52,10 pour un dollar, contre 51,66 jeudi. La Bourse de Manille était en baisse de 1,6%. «C'est une catastrophe», a dit un analyste basé à Singapour. «Si la situation devient hors de contrôle, alors elle se trouvera en situation de devoir faire intervenir la police et l'armée. Cela pourrait devenir violent. Cela montrera qu'elle est faible.»

Etablissant un parallèle entre les raisons invoquées par Gloria Arroyo et les justifications fournies en 1972 par Ferdinand Marcos lors de l'imposition de la loi martiale, le politologue Benito Lim, de l'Université des Philippines, juge que l'état d'urgence «pourrait unifier l'opposition».

Manifestations

La police a annulé hier les autorisations qui avaient été données pour plusieurs rassemblements. Quelque 5000 manifestants se sont pourtant rassemblés pacifiquement dans un sanctuaire qui avait été un point central du soulèvement de 1986 et d'un autre en 2001 qui avait chassé Joseph Estrada de la présidence. Ils ont été dispersés par les forces antiémeutes.

A Manille, la police encadrait plusieurs milliers de manifestants, parmi lesquels l'ancienne présidente, Corazon Aquino, ex-alliée de Gloria Arroyo et qui l'appelle aujourd'hui à démissionner.

Le projet de coup d'Etat à l'origine de l'état d'urgence aurait été orchestré par le commandant du régiment d'élite des «Scout Rangers», le général Danilo Lim, a indiqué le chef d'état-major des forces armées, le général Generoso Senga. «Le gouvernement surréagit», juge Earl Parreno, de l'Institut pour la réforme politique et électorale. «Il est possible qu'il y ait une menace d'une petite faction de l'armée, mais elle n'est pas suffisamment sérieuse pour renverser son gouvernmement.» / ats-afp-reuters

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