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Appel à la modération

Le Hamas a entamé à Moscou sa première visite officielle dans un pays du Quartette. La diplomatie russe entend convaincre le mouvement islamiste de modérer ses positions Le chef de la diplomatie russe a demandé hier au Hamas de respecter les accords internationaux et de reconnaître Israël. Sergueï Lavrov s'adressait à une délégation du mouvement islamiste palestinien, en visite à Moscou pour chercher une légitimité internationale.

05 mars 2006, 12:00

«Nous espérons que le Hamas, en tant que force politique dominante au parlement palestinien, apportera sa contribution à la réalisation de tous les accords passés», a déclaré le ministre russe des affaires étrangères en recevant le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal.

Ces accords, à commencer par ceux d'Oslo de 1993, impliquent la reconnaissance d'Israël et le renoncement à la violence, deux exigences également formulées par le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU) à l'origine du dernier plan de paix pour la région.

Israël critiqué

Aucune avancée majeure n'était toutefois attendue hier sur la question cruciale d'Israël. Khaled Mechaal a d'ailleurs donné le ton dès son arrivée. «Le problème n'est pas la position du Hamas concernant la feuille de route, mais la position d'Israël. Il a pratiquement refusé la feuille de route» du Quartette, a-t-il déclaré à l'aéroport Cheremetievo. Khaled Mechaal a aussi réaffirmé que le problème de fond était l'occupation des territoires palestiniens par les Israéliens.

Le Hamas, vainqueur des législatives palestiniennes de janvier, effectue sa première visite officielle à un tel niveau, de surcroît dans un pays membre du Quartette. La délégation comprend des responsables palestiniens vivant en Syrie, au Liban, à Gaza et en Cisjordanie. Cette visite en Russie devrait durer trois jours.

En quête de légitimité

Le dirigeant du Hamas a concédé qu'en venant à Moscou, à l'invitation du président Vladimir Poutine, il espérait gagner en légitimité internationale. Les Etats-Unis et l'Europe considèrent toujours son mouvement comme une organisation terroriste.

La diplomatie russe a assuré avant la visite qu'elle n'exercerait aucune «pression» sur le Hamas pour le forcer à reconnaître Israël, mais qu'elle comptait toutefois convaincre le mouvement islamiste d'adopter des positions plus «modérées».

L'ambassadeur palestinien en Russie, Baker Abdel Munem, membre du Fatah, avait affirmé jeudi que le Hamas pourrait «changer sa position» à l'égard d'Israël, pour répondre aux «intérêts du peuple palestinien». Mais cet espoir paraît ténu.

Menaces de Washington

La Russie, désireuse de jouer un rôle actif dans le processus de paix au Proche-Orient, estime qu'il serait contre-productif d'isoler le Hamas. L'annonce de l'invitation de Vladimir Poutine au mouvement radical avait été qualifiée de «coup de couteau dans le dos» par les autorités israéliennes.

Les Etats-Unis ont indiqué jeudi qu'ils cherchaient à isoler le Hamas financièrement et politiquement pour qu'il ait «énormément de difficultés» à gouverner. L'Union européenne, principal bailleur de fonds de l'Autorité palestinienne, avait annoncé fin janvier qu'elle ne poursuivrait son soutien financier que si le Hamas renonçait à la violence et acceptait de négocier avec Israël. /ats-afp

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