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Améliorer la vie des femmes pour sauver le climat

21 nov. 2009, 04:15

Le dérèglement climatique frappe d'abord les pays pauvres, en particulier les femmes. Améliorer leurs conditions de vie, c'est aussi réduire la natalité et son impact sur l'effet de serre. C'est ce message que le Fonds des Nations unies pour la population (Fnuap), dans un rapport, veut intégrer aux discussions du Sommet de Copenhague sur le climat, qui s'ouvre le 7 décembre.

Jusqu'ici, les pays industrialisés ont produit la plus grande part de CO2 et autres gaz à effet de serre qui entraînent des changements climatiques, mais sont restés relativement à l'abri de leur impact, explique Walter Haug, un Suisse responsable de la Division technique du Fnuap. C'est le contraire pour les pays en développement: peu d'émissions de CO2 mais gros effets.

Ces pays, généralement à forte natalité, supportent le plus gros fardeau, qui consiste pour les populations à s'adapter aux phénomènes climatiques extrêmes: hausse du niveau des mers, inondations, sécheresses. «Ce sont ainsi les plus pauvres qui doivent relever les plus gros défis que posent les problèmes créés par les pays industrialisés», note-t-il.

Les scientifiques ont d'ailleurs reconnu le lien entre l'évolution démographique et le volume d'émissions de gaz à effet de serre. Cet impact a même été chiffré: si la population mondiale augmente de 2 milliards d'individus d'ici à 2050, c'est également 2 milliards de tonnes de CO2 supplémentaires quoi seront émises.

«La lutte contre le réchauffement climatique n'est donc pas uniquement une question technologique ou financière. Elle comporte également une dimension démographique, que nous devons intégrer au niveau politique», affirme Werner Haug. En fait, il s'agit d'intégrer cette donnée aux débats qui vont s'ouvrir à Copenhague. Le rapport du Fnuap a même été rédigé dans ce but.

Plus concrètement, il faut voir que, si les pays pauvres sont les premiers touchés, ce sont les femmes qui sont les plus vulnérables. Elles forment la majeure partie de la main-d'œuvre agricole et, en même temps, ont moins accès au travail rémunéré. En cas de sécheresse ou d'inondations, l'effort de survie des familles oblige les filles à quitter l'école pour aider leurs mères.

Cette marginalisation des femmes sape la capacité de ces pays aux changements climatiques. Les experts du Fnuap ont en revanche observé que, si elles ont accès à l'école, à la formation, à la santé et à l'information en matière de planning familial, «la population se stabilise naturellement, sans obligation ni contrôle». Autrement dit, elles font moins d'enfants.

Il y a donc de multiples raisons de lier les programmes du Fnuap à la question climatique. Une perspective que partage Martin Dahinden, directeur de la Coopération suisse au développement (DDC). «Les investissements dans l'éducation et la santé des femmes et des filles comptent depuis longtemps parmi nos objectifs, par exemple au Mozambique».

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