Allemagne: fin de la grève et retour à la normale dans les aéroports

Le débrayage annoncé ce jeudi dans la plupart des aéroports allemands a paralysé le trafic aérien jusqu'en début d'après-midi. Les aéroports suisses ont également été touchés. Le chaos a tout de même pu être évité et tout est rentré dans l'ordre.
07 août 2015, 13:32
Ce terminal de l'aéroport de Francfort est resté vide durant une bonne partie de la journée.

Le trafic aérien était revenu à la normale jeudi en Allemagne après qu'un débrayage a paralysé une grande partie du trafic aérien allemand jusqu'en début d'après-midi. Les grévistes, menés par le syndicat Verdi, réclament une hausse des salaires de cent euros et une hausse supplémentaire de 3,5%.

Immédiatement après la fin du mouvement de grève, "les compagnies du groupe Lufthansa ont retrouvé une activité normale", a fait savoir le transporteur aérien allemand. "Nous n'attendons pas de conséquences supplémentaires liées à la grève dans les prochains jours", a ajouté Lufthansa. La compagnie avait averti mercredi soir de la suppression jeudi de 600 vols sur 1800.

De son côté, la deuxième compagnie allemande, Air Berlin, ne faisait plus état d'aucune annulation jeudi après-midi au départ et à l'arrivée des principaux aéroports du pays. Seuls quelques retards minimes étaient affichés sur son site internet.

Chaos évité

A l'aéroport de Francfort, le plus important d'Allemagne et le troisième européen, les débrayages du personnel au sol, conduits à l'appel du puissant syndicat allemand des services Verdi, ont débuté à 3h30 et se sont poursuivis jusqu'à 14h30, heures suisse et locale.

Le chaos a toutefois pu être évité, grâce à des "mesures préventives, notamment l'annulation de vols et l'information en amont des passagers, qui ont eu pour effet que l'activité a pu se dérouler de manière ordonnée et dans le calme", a souligné Fraport dans un communiqué.

Quelque 30% de grévistes

A l'aéroport de Munich, ce sont 130 vols qui ont été annulés, principalement de la part de Lufthansa, et les vols maintenus se sont déroulés presque sans problème, a indiqué un porte-parole de l'aéroport, estimant à 30% la part de grévistes.

Outre ces deux villes, des perturbations ont également affecté les aéroports de Cologne/Bonn (ouest), Düsseldorf (ouest), Berlin (est), Hambourg (nord) et Hanovre (nord), dans une moindre mesure toutefois.

Peu de perturbations

Ailleurs en Europe, peu de perturbations ont été à déplorer. La compagnie Air France avait anticipé mercredi soir un impact limité sur son plan de vol, avec un seul vol annulé, tandis que la compagnie italienne Alitalia ne prévoyait aucune perturbation. En Suède, en Grande-Bretagne ou au Danemark, les conséquences sont aussi restées mineures.

A Genève aéroport, huit vols de Lufthansa en provenance et à destination de Francfort ont été supprimés, selon un porte-parole de cet aéroport. Quant aux voyageurs partant de Zurich, où six allers-retours ont été annulés, ils devaient compter avec des retards.

Services publics allemands touchés

Jeudi, les débrayages ont eu lieu dans la quasi totalité des services publics allemands, comme par exemple les jardins d'enfants, les services de nettoyage municipaux ou encore les piscines publiques, avec pour point d'orgue les Etats régionaux de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest), le Bade-Wurtemberg (sud-ouest), Hambourg (nord) ou encore le Schleswig-Holstein (nord).

Cette grève, qui a mobilisé 104'000 personnes selon Verdi, s'inscrit dans le cadre d'un conflit plus vaste portant sur une revalorisation des salaires dans les services publics allemands.

Au total, environ 200'000 salariés ont pris part au mouvement depuis le début de la semaine, dont 9000 salariés de l'opérateur Fraport, ancienne entreprise publique, sont encore rémunérés selon la grille salariale du service public.

Hausse de 3,5%

Verdi, qui entendait ainsi faire pression sur les employeurs avant de nouvelles négociations lundi, réclame pour 2,1 millions d'employés des services publics régionaux et municipaux une hausse des salaires de cent euros, à laquelle ils veulent que s'ajoute une hausse supplémentaire de 3,5%, soit au total +7% selon le calcul des employeurs.