Air France s'enlise dans le conflit syndical, les négociations patinent

Les pilotes d'Air France et la direction de la compagnie d'aviation française n'ont toujours pas trouvé de solution au conflit social qui les oppose. Une légère amélioration du trafic a néanmoins été observée avec plus de 45% des vols assurés ce vendredi.

19 sept. 2014, 10:42
Des négociations qui patinent et plus de la moitié des avions qui ne décollent pas: le week-end s'annonce compliqué pour les passagers d'Air France. Les pilotes et la direction de la compagnie aérienne étaient toujours embourbés dans le conflit vendredi.

Des négociations qui patinent et plus de la moitié des avions qui ne décollent pas: le week-end s'annonce compliqué pour les passagers d'Air France. Les pilotes et la direction de la compagnie aérienne étaient toujours embourbés dans le conflit vendredi.

Air France a annoncé une légère amélioration du trafic pour la journée, avec "plus de 45%" de vols assurés, contre 42% jeudi. Selon la direction, au cinquième jour de mobilisation, le taux de grévistes devrait passer pour la première fois en dessous de 60%.

Des chiffres contestés par le premier syndicat de pilotes, le SNPL AF Alpa (majoritaire), qui affirme recenser 80% de grévistes et 85% de vols annulés après décompte des vols opérés pour le compte des filiales ou d'autres compagnies.

Plus longue action depuis 1998

Ni les propositions de la direction, ni les appels à cesser la grève, notamment du Premier ministre Manuel Valls, n'ont entamé la détermination des pilotes. Ceux-ci mènent leur action de contestation la plus longue depuis 1998.

Le conflit est cristallisé autour de la compagnie low cost du groupe, Transavia. Pour faire face à la concurrence, le groupe Air France-KLM veut développer la flotte de cette compagnie en France en attirant des volontaires d'Air France. Il veut aussi ouvrir de nouvelles bases Transavia en Europe dès 2015, avec des pilotes sous contrats locaux.

De leur côté, les syndicats redoutent un "dumping social" au sein du groupe et des "délocalisations" au détriment des emplois français.

Après avoir proposé mardi de limiter temporairement l'extension de Transavia à 30 avions en France jusqu'en 2019, Air France a mis sur la table mercredi soir une deuxième offre: conclure avec les syndicats un accord délimitant précisément les activités de Transavia.

Une proposition "largement insuffisante", a rétorqué Jean-Louis Barber, le président du SNPL. Le deuxième syndicat de pilote, le Spaf, juge aussi que cette offre n'est "pas acceptable". En dépit d'une nouvelle réunion jeudi après-midi entre direction et syndicats, la situation s'enlise.

Genève, deux sur neuf

La grève pourrait se prolonger jusqu'à la semaine prochaine. Les pilotes du SNPL devaient se réunir vendredi en début d'après-midi à l'hôtel Hilton de Roissy. Mais c'est samedi que le syndicat annoncera si ses adhérents décident de reconduire au-delà de lundi le mouvement après un référendum.

Un conflit si long impliquant les pilotes est rare pour la compagnie. Les précédentes grèves (2002, 2008 et 2012) ont toutes trouvé une issue au bout de quatre jours, sauf celle de 1998 qui avait duré dix jours.

Dans les aéroports, le taux d'annulation dépassait parfois les 50%, comme à Toulouse vendredi (70%), l'aéroport étant spécialement touché depuis le début de la grève. Ce taux était parfois aussi inférieur, comme à Rennes (25%). La compagnie recommande toujours à ses clients ayant un vol d'ici au 22 septembre de reporter leur voyage ou de changer leur billet sans frais.

En Suisse, le trafic aérien continuait également d'être perturbé par cette grève vendredi. Air France a annoncé que seules deux liaisons sur neuf devaient être assurées depuis la cité de Calvin, et une sur cinq à nouveau depuis Zurich. Les neuf vols en partance de Bâle-Mulhouse étaient maintenus.