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A Londres, la réforme du mode de scrutin divise la coalition

Les Britanniques s'expriment aujourd'hui dans le cadre d'un référendum.

05 mai 2011, 12:06

Pour la première fois depuis un vote sur l'adhésion à la communauté européenne, en 1975, les Britanniques votent aujourd'hui lors d'un grand référendum national. La question posée - «Etes-vous favorable ou non à une réforme du mode de scrutin des législatives?» - est loin de fasciner les foules, plus intéressées par le mariage de William et Kate. Mais elle provoque de graves tensions dans la coalition entre les conservateurs et les libéraux démocrates.

Plusieurs ministres centristes ont accusé les tories de David Cameron d'«hypocrisie» et de proférer des «mensonges éhontés» pour tenter de discréditer leurs arguments. Ils voudraient éviter de changer le système majoritaire à un tour actuel par un système dit de «volte alternatif» (résumé par les initiales AV en anglais), dans lequel les électeurs classent les candidats par ordre de préférence. Au même moment, les Ecossais, les Gallois et les Irlandais du Nord votent aussi pour élire leurs représentants au sein des parlements régionaux autonomes.

«L'enjeu du référendum est surtout crucial pour Nick Clegg, qui l'a présenté comme l'une des plus grandes concessions obtenues l'année dernière dans le cadre des négociations de coalition menées avec les tories», explique Simon Hix, professeur de sciences politiques à la London School of Economics. Les libdems se plaignent depuis des décennies du scrutin uninominal majoritaire à un tour, qui favorise les deux grands partis, le Labour et les tories.

Ne pouvant obtenir la proportionnelle dont il rêve, Nick Clegg s'est replié sur le vote alternatif, qui pourrait offrir quelques députés supplémentaires à son parti dans les circonscriptions les plus disputées. Dans le système de vote alternatif, les électeurs numérotent les candidats par ordre de préférence. Si un candidat remporte directement 50% des premiers choix, il est élu. Dans le cas contraire, le dernier de la liste est éliminé et on ajoute les deuxièmes choix de ses électeurs aux résultats précédents, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'un des candidats recueille une majorité absolue.

Campagne pour le «non»

Les conservateurs perdraient des voix avec le nouveau système, ce qui réduirait encore leurs chances d'obtenir une majorité absolue lors des prochaines élections. Ils font donc campagne très activement pour le «non», attaquant parfois violemment leurs partenaires libdems au gouvernement. La mobilisation de David Cameron et de son camp semble avoir porté ses fruits, puisque les derniers sondages montrent un très net avantage pour le «non», qui recueillerait autour de 60% des suffrages.

«La défaite serait terrible pour Nick Clegg, dont la popularité a déjà beaucoup chuté depuis que son parti se heurte aux dures réalités du pouvoir», met en garde Simon Hix. «David Cameron devra peut-être lui faire de nouvelles concessions s'il veut conserver une coalition stable et durable.»

Le leader travailliste, Ed Miliband, ne semble pas en position de profiter des luttes internes à la coalition, puisqu'il fait campagne pour le «oui». Mais une partie des élus les plus conservateurs de son parti se sont rebellés en faveur du «non».

 

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