La Formule 1 au motel

Habituée au confort des hôtels cinq étoiles, la Formule 1 découvre depuis le début de la semaine les charmes des motels, ces endroits réservés aux rencontres fugaces, en marge du Grand Prix de Corée du Sud (départ demain à 8h). Cette étape réserve bien des surprises.

23 oct. 2010, 09:35

Oubliés les luxueux établissements Intercontinental, Ritz-Carlton et autres Hilton. A Mokpo, ville de 250 000 âmes située à quelques kilomètres de Yeongam, la caravane de la F1 se repose à «l'Adam et Eve», à «l'Amiga» (amie en espagnol), au «Feel» (sensation) ou plus prosaïquement à «l'Amor».

Les standards y diffèrent. Une petite faim nocturne? Un détour par le distributeur du motel permet d'acquérir... sex-toys et autres onguents. Les traditionnelles barres chocolatées sont moins cotées.

«C'est bien la première fois qu'on me propose des vibromasseurs dans le couloir menant à ma chambre», sourit un attaché de presse.

Envie de dormir? «C'est difficile. La nuit, les gens font du bruit», raconte, goguenarde, une hôtesse accompagnant l'écurie Red Bull à l'année. Dans son motel, l'Adam et Eve, «un numéro de chambre à l'Adam correspond à un numéro à l'Eve. Alors forcément, hommes et femmes s'y retrouvent...»

Les rumeurs les plus sulfureuses agitent le paddock. Sur twitter, «l'espion de Toro Rosso» affirme qu'un mécanicien - évidemment «d'une autre écurie» - qui avait demandé à se faire monter un café en chambre s'est retrouvé face à une jeune dame court vêtue lui apportant un «sexpresso».

Un cadre de Williams, revenant inopinément dans ses quartiers en milieu d'après-midi, aurait de son côté retrouvé son lit dévasté par les transports amoureux d'autres occupants à temps partiel.

Une version démentie par l'écurie britannique, qui s'empresse d'ajouter qu'elle s'est établie précisément à Gwangju, à une heure de Mokpo, pour éviter tout type de désagrément.

A l'instar de Williams, les autres écuries choisissent d'éviter de s'appesantir sur leurs petits tracas, préférant aborder ceux des autres formations.

«La Corée du Sud a fait le pari de faire de Mokpo une destination touristique grâce à la Formule 1. Pour l'instant, ce n'est pas gagné», observe un organisateur. «Mais gageons que d'ici cinq ans, les hôtels seront devenus majoritaires à Mokpo et les motels minoritaires.» Et d'ajouter, «si ce n'est pas le cas, le pari sera difficile à remporter».

Le monde de la F1 dispose donc de quatre saisons encore pour s'habituer à un niveau de confort moins conforme à ses luxueux standards. Plus terre à terre. Plus populaire. Quatre ans aussi pour se rendre compte combien elle est gâtée le reste de l'année. En attendant, Martin Whitmarsh, le patron de McLaren F1, préfère comparer la Corée du Sud à «une nouvelle aventure pour la F1». «Ce n'est pas seulement un circuit», observe-t-il, rieur. «C'est aussi une aventure pour certains gars, une fois de retour à leur hôtel.» /si