Yann Flück part seul avec ses copeaux de bois

Yann Flück espérait un coup de pouce des communes du Noirmont et des Breuleux pour son hangar de séchage et de stockage de copeaux de bois. Finalement, l'habitant du Peu-Péquignot va investir seul dans la construction d'une halle à la zone industrielle du Noirmont. Des commandes ont été confirmées.
02 août 2015, 18:45

En solitaire. Ce printemps, Yann Flück avait pris la température auprès des autorités du Noirmont et des Breuleux pour voir si elles étaient prêtes à investir dans son projet de hangar de séchage et de stockage de copeaux de bois. «A priori, ça ne les intéresse pas de s'associer avec un privé. Je suis certes un peu déçu. Mais comme ça, je serai quitte de leur rendre des comptes à la fin de chaque exercice.»

L'agriculteur-forestier du Peu-Péquignot se lance donc seul dans l'aventure. La commune du Noirmont lui a donné son feu vert pour qu'il construise un hangar dans la zone industrielle, à côté de la nouvelle usine Erard. Des négociations sont actuellement en cours avec le canton du Jura, notamment au niveau des subventions. Par la force des choses, le Franc-Montagnard a été contraint de raboter son projet. La capacité de la halle sera de 6000 mètres cubes, contre 8000 au départ. Corollaire logique: l'investissement ne dépassera pas les 300 000 francs, soit 100 000 de moins que prévu. Le hangar devrait être sous toit au printemps 2010.

Le chauffage à distance trouve gentiment ses adeptes. Yann Flück a senti la fumée venir. Depuis un an, il est le seul dans le district à s'être lancé dans un commerce qui pourrait bien s'avérer juteux. Il est à l'étroit au Peu-Péquignot. Les communes de Tramelan (7000 mètres cubes), du Noirmont (2000) et des Breuleux (1000) lui ont passé des commandes fermes pour 2010. Le gaillard est en discussion avec Saignelégier et Reconvilier. Il sait que du côté de la Clinique Le Noirmont, un immense projet de chauffage à distance est à l'étude. «Imaginez: ils grillent 180 000 litres de mazout par année.» Un mètre cube de copeaux de bois équivaut à 100 litres de mazout. Le prix est incomparable: environ 30 francs pour le mètre cube de copeaux, tandis que le mazout se négocie ces dernières semaines entre 70 et 100 francs les 100 litres. Quand les prix ne flambent pas...

Yann Flück achète son bois dans la région, ainsi que dans le Jura bernois. «Le sous-produit. Enfin, ce qu'il reste après les coupes. J'admets volontiers que le chauffage à l'aide de copeaux de bois coûte cher pour un privé. L'idéal serait de pouvoir chauffer trois maisons avec une unique chaudière. On en est encore bien loin. Toutefois, je constate tous les jours que mon commerce prend gentiment de l'ampleur.» Sa production actuelle s'élève à 5000 mètres cubes.

Oui, juteux... /GST