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Vidéo: le tour de cochon du PCSI au PDC

Thomas Schaffter s'empare de la mairie pour 28 petites voix.

12 nov. 2012, 07:23
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Historique! En mains soit du PDC ou du PLR - donc de la droite - depuis 116 ans, la mairie de Porrentruy vire au centre-gauche. Au terme d'un deuxième tour âprement disputé, le PCSI Thomas Schaffter a battu le PDC Pierre-Arnauld Fueg par 1522 voix (50,5%) contre 1494 (49,5%). En ce week-end de la Saint-Martin, le PCSI a joué un tour de cochon au PDC.

Lors du premier tour il y a trois semaines, le candidat démocrate-chrétien avait devancé son adversaire chrétien-social indépendant de 22 voix (1048 contre 1026). Loin derrière avec ses 585 suffrages, le socialiste Julien Loichat n'avait pas fait le poids. Son parti avait d'ailleurs décidé de soutenir Thomas Schaffter lors du sprint final. Incapable de s'immiscer dans la course à la mairie, le PLR s'était rangé derrière les couleurs du PDC. En l'espace de trois semaines, l'écart s'est inversé: 28 voix cette fois en faveur du directeur de l'imprimerie et de la librairie du Pays. La participation a augmenté: 61,65% ce week-end contre 57,4% au premier tour.

Pour la prochaine législature de cinq ans (une première dans l'histoire du canton), l'exécutif bruntrutain passe de neuf à sept membres: deux conseillers PCSI plus le maire, deux PDC, un PLR et un PS. C'est au camarade Julien Loichat qu'appartiendra désormais le rôle d'arbitre.

 

Obsession

 

La mairie de Porrentruy constitue une véritable obsession pour la famille Schaffter. Laurent, l'ancien ministre, l'avait visée en 1996 et 2000. Sans succès. Son fils Thomas a connu l'échec en 2004 et 2008, avant de pavoiser hier. Né en 1974, l'homme connaît la maison. Depuis huit ans, il fonctionne en tant que conseiller municipal. Il a en charge deux dossiers casse-cou: celui de l'Inter et celui de la patinoire d'Ajoie, devenue obsolète. L'amélioration des finances communales figure également en haut de la pile des dossiers qu'il s'agira de mener à bien.

" Il n'y a rien de révolutionnaire dans ce succès. Je suis un maire rassembleur. Je veux donner un visage d'ouverture à Porrentruy, un visage de centre-gauche. " Aux côtés de son fils, Laurent Schaffter savourait comme il se devait cette victoire, lui qui fut éjecté du Gouvernement jurassien en 2010. " Franchement, après mon revers gouvernemental, je ne pensais pas revivre pareilles sensations en politique. C'est fabuleux. C'est la victoire de la jeunesse. "

Néophyte en politique, Pierre-Arnauld Fueg concédait " un goût d'inachevé. J'ai fait jeu égal au deuxième tour. Le report des voix a bien fonctionné dans le camp d'en face, même si le PLR a bien travaillé pour nous. " Chef du Service des contributions, le vaincu réserve à son employeur la " primeur " de sa décision, à savoir s'il restera à son poste ou pas.

 

Menace de mort

 

La campagne, principalement entre les deux tours, s'est avérée acharnée. " Violente ", selon Pierre-Arnauld Fueg. Tous les coups furent permis, ou presque. Le PCSI préparait ce combat depuis trois ans. Au PDC, la confiance demeurait de mise. Sa formidable bécane électorale, une véritable machine de guerre, ne pouvait pas se planter. La preuve que oui.

Hier dans le courant de l'après-midi, on apprenait qu'un membre du PDC jurassien avait reçu samedi matin une menace de mort sous la forme d'une balle de 22 long rifle dans sa boîte aux lettres. La police a prélevé l'objet et une plainte sera déposée. L'information relayée sur la page Facebook d'un journaliste indépendant local, a été confirmée hier à l'ATS par le président de la section locale du PDC de Porrentruy, Marcel Meyer. " La victime est une personne bien connue de la place et active dans les campagnes du PDC ", a-t-il complété. Ce militant a cependant déjà fait l'objet de "chahutage" de la part des adversaires des démocrates-chrétiens. " Mais si cette affaire est liée à la campagne électorale, c'est grave ", a affirmé le président de la section locale du PDC, qui s'est dit " choqué ".

En Ajoie, la politique demeure décidément un art pratiqué comme nulle part ailleurs dans la République.

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