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Succès pour l'Echo des Sommêtres avec les «Carmina»

30 mars 2010, 10:53

CRITIQUE -
PAR GEORGES CATTIN

Evénement musical ce dernier week-end à l'ancienne église du Noirmont ainsi qu'a la salle de spectacles de Vicques, avec l'interprétation par l'Echo des Sommêtres des «Carmina Burana» du compositeur bavarois Carl Orff (1895-1982). Parfaitement conscients d'être conviés à un rendez-vous artistique de haute valeur, les auditeurs ont répondu massivement à l'invitation lancée par les choristes noirmontains. Et leur attente ne fut point déçue, tant était grand l'enthousiasme investi par les interprètes dans cette partition colorée à souhait.

L'originalité de cette musique réside dans son opulence rythmique: mesures binaires et ternaires côtoient presque continuellement des mesures à cinq ou sept temps, largement inspirées de la prosodie grecque. Il ne s'agit pas ici d'une reconstitution historique de ce que pouvait être la musique du Moyen Age, mais bel et bien d'une création contemporaine, animée par l'expressionnisme allemand de l'entre-deux-guerres (l'influence du compositeur Kurt Weil y est du reste évidente).

Au fil des 24 mouvements de sa partition, Orff dépeint d'emblée la Roue de la Fortune, grisée par sa rotation implacable; musique puissante, vigoureuse, oppressante. Puis vient une évocation du Printemps et de la renaissance cyclique du monde. L'éveil à l'amour et les jeux de maquillage des filles en fleur apparaissent dans le mouvement Chramer, gip die varwe mir. In Taberna nous introduit ensuite dans de sombres tavernes, ou princes et clercs font bombance. Un cygne rôtit dans la poêle, suggéré par le baryton solo (Ego sum abbas…). Cette scène de ripaille culmine dans un chœur d'hommes à l'exubérance orgiaque (In taberna quando sumus). Puis vient la Cour d'Amour. S'y imposent l'innocence feinte, le raffinement, un érotisme «soft» qui tressaille dans l'In Trutina de la soprano solo. Les deux derniers mouvements remettent la Roue de la Fortune au milieu du village, si j'ose dire!

Gageons que la fortune qui sourit depuis plusieurs années maintenant à la chorale noirmontaine du directeur Pascal Arnoux se poursuive longtemps encore au gré d'expériences menées avec optimisme et professionnalisme.

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