Les pro et les anti-Theubet s'organisent

22 oct. 2010, 04:15

Le 13 septembre, le Syndicat des fonctionnaires de police Jura-Canton (SFPJU) envoyait une «lettre de reconnaissance» co-signée par environ 35 de ses membres au Gouvernement. Il lui exprimait sa satisfaction de constater que le climat était à nouveau constructif au sein de la police cantonale jurassienne (POC), quelques jours après la suspension du commandant Henri-Joseph Theubet décrétée par l'exécutif.

Ça n'a pas duré! Un lièvre a été soulevé mercredi à la tribune du Parlement par le député PCSI Jean-Paul Miserez (notre édition d'hier). Le 7 octobre, un envoi anonyme parvenait à tous les membres de la POC. Un mystérieux «Groupement POCJU» y faisait de la propagande pour créer une sorte de contre-pouvoir au SFPJU, qui revendique 106 adhérents sur les 120 membres habilités à être syndiqués (la POC compte près de 130 membres). «Notre but est de faire entendre la voix du groupement lors de désaccord avec les revendications ou déclarations du SFPJU (...) Lors d'une future réunion, nous débattrons et déciderons des moyens d'action dont nous userons.» En clair, les agents favorables à Henri-Joseph Theubet organisent la résistance. Date limite d'inscription: hier. Le «Groupement POCJU» regrouperait quelque 25 agents et personnel administratif.

Fraîchement nommé en assemblée le 8 septembre, le nouveau président du SFPJU Antonio Dominguez flairait un coup tordu et avertissait l'ensemble du personnel de la POC. Le même jour, soit le 11 octobre, une lettre recommandée était envoyée au ministre Charles Juillard, lui demandant l'ouverture d'une enquête administrative, «sachant que la démarche dudit groupement est de nature à perturber l'entente au sein de la police». Le SFPJU exigeait en outre que les auteurs anonymes du courriel soient identifiés.

Entre nous, il ne fallait pas chercher bien loin! Le ministre a répondu le 13 octobre: le dossier allait être étudié en séance avec le syndicat le 8 novembre. Trop tard, a répondu le SFPJU. Charles Juillard piquait alors la mouche et «déclinait toute responsabilité dans un climat délétère». Et il y a eu cet épisode devant le Parlement. Pour le SFPJU, fâché, il ne fait quasi aucun doute que le commandant suspendu est derrière cette manœuvre censée disperser les troupes. Des membres de l'état-major, évidement des pro-Theubet, mèneraient une campagne active en faveur du «Groupement POCJU».

C'est chaud. /gst