Le brigandage des Vacheries-des-Genevez au tribunal

L'un des présumés membres de la bande qui avait agressé et cambriolé un couple de retraités, à l'été 2012, aux Vacheries-des-Genevez comparaissait ce jeudi matin au tribunal de Porrentruy.
07 août 2015, 15:30
Le palais de justice de Porrentruy, où s'est déroulé le procès.

Ce brigandage musclé avait fait grand bruit dans le Jura et même au-delà. Le 19 août 2012 en fin de soirée, un couple de retraités des Vacheries-des-Genevez avait reçu la visite d'une bande de malfrats. Il s'agissait du deuxième brigandage à leur domicile en l'espace de cinq mois, propablement l'oeuvre de la même équipe. 

Monsieur, handicapé et incapable de sortir seul de son lit, avait subi les assauts verbaux des agresseurs. Madame, elle, avait reçu des coups et des menaces dans le but de lui soutirer l'argent reçu de la part de l'assurance lors du premier brigandage. Au terme d'un calvaire qui avait duré de longues minutes, la retraitée avait réussi à échapper à ses tortionnaires et à sonner l'alerte. Au final, un maigre butin (une montre et un réveil de collection) avait été subtilisé.

Traces d'ADN

La victime a raconté cette expérience traumatisante devant les juges, ce jeudi matin, à Porrentruy. En compagnie de son avocat, Jean-Patrick Gigandet, elle était seule représentante de la partie plaignante, son mari étant décédé au début de cette année. Elle était confrontée à l'un des présumés membres de la bande qui a fait le coup - ils étaient au nombre de quatre, a dit le Ministère public.

Ce prévenu comparaissait en tant que chauffeur des malfrats. Il est soupçonné d'avoir non seulement conduit la bande, mais d'avoir également fourni les menottes qui ont servi pendant l'agression. Son ADN a été retrouvé sur l'objet, laissé sur les lieux du crime.

Malgré cela, l'accusé a nié toute implication, assurant qu'il était en Serbie, son pays d'origine, au moment des faits. Cédric Baume, son avocat, a appuyé sa cause en estimant notamment que l'ADN "n'est pas la reine des preuves". Il a demandé l'acquittement de son client et une indemnité de 76600 francs pour tort moral en raison "des 686 jours de prison préventive qu'il a effectués pour des actes qu'il n'a pas commis".

Trois ans et demi ferme

La procureure Geneviève Bugnon, elle, a requis une peine de trois ans et demi d'emprisonnement contre celui qu'elle considère comme étant le co-auteur de ce brigandage qualifié. Le juge Pascal Chappuis livrera son verdict mardi prochain.

Quant au reste de la bande? Ses membres sont actuellement occupés par un autre procès à Strasbourg.