La Question jurassienne évoquée une nouvelle fois au Marché-Concours

02 août 2015, 18:47

Le Marché-Concours de Saignelégier (JU) est, depuis des lustres, l'occasion pour les politiques d'évoquer la Question jurassienne. Président du gouvernement jurassien, Michel Probst n'a pas dérogé à la règle aujourd'hui. Sans le vouloir, son homologue thurgovien a apporté de l'eau à son moulin.

Evoquant les similitudes entre les deux cantons, Claudius Graf-Schelling, président du Conseil d'Etat de Thurgovie, l'invité d'honneur de cette 106e édition, a en effet localisé dans le canton du Jura le fabriquant du chocolat Ragusa, Camille Bloch, sis à Courtelary, dans le Jura bernois. Il ne croyait pas si bien dire.

Quelques instants plus tôt, Michel Probst remarquait que le Jura et le Jura bernois auraient tout intérêt à unir leurs forces pour faire face à la concurrence qui se développe ici ou là et assurer leur prospérité future. Le président du gouvernement jurassien faisait référence au projet de l'Assemblée interjurassienne (AIJ).

Concertation

Une phase de concertation avec le Conseil-exécutif bernois va maintenant débuter sur les suites à donner à cette étude (de l'AIJ). Il va de soi que celle-ci n'est pas une fin en soi, mais bien le début d'un processus, qui verra, in fine, les populations des deux régions se déterminer démocratiquement, a affirmé Michel Probst.

Parfaite illustration de ces propos, l'organisation en octobre prochain des 6e Olympiades des fromages de montagne à Bellelay (BE), à la frontière entre les deux cantons qui collaborent étroitement pour l'occasion. La flamme de ces Olympiades a d'ailleurs été remise par les organisateurs de la précédente édition, les Bavarois d'Obersdorf, hier en présence du président de la Confédération, du gouvernement jurassien in corpore et du ministre bernois de  l'économie.

Tourisme

Un des atouts de l'avenir commun de ces deux régions est incontestablement le tourisme vert, dont le Marché-Concours est la meilleure illustration. Une fois encore ce week-end, les citadins, dont près de la moitié venus de Suisse alémanique, constituaient une grosse part des visiteurs.

Dans ce contexte touristique, les milieux agricoles ont un rôle intéressant à jouer, a ajouté Michel Probst. Le cheval notamment représente une attraction pour les touristes et offre des possibilités d'activités très variées, à développer encore.

Aide de l'Etat

Il ne pourra toutefois pas remplacer à lui seul l'activité agricole. Or celle-ci doit continuer de bénéficier d'un certain soutien étatique, d'autant plus à l'heure où la crise pèse également sur les paysans. Le moment choisi par la Confédération pour supprimer les primes à l'exportation, alors que d'autres pays comme la France ou l'Allemagne renforcent leur soutien dans ce domaine, est mal à propos, a dit Michel Probst.

Et le président du gouvernement jurassien d'appeler le Conseil des Etats à suivre cet automne le National qui a donné suite début juin à une motion tendant à proroger de quelques années les contributions à l'exportation des animaux. /ats