La Poste se renforce au Noirmont

Comme prévu, La Poste aménagera un centre de distribution du courrier pour les Franches-Montagnes dans une partie des locaux de l'ancienne usine Joseph Erard, au Noirmont. La résistance du canton et des maires du district a fini par payer. Quatre communes devront toutefois changer de numéro postal.
13 mai 2009, 04:15

Elle a fini par céder. L'année passée, La Poste prenait une mesure impopulaire dans la préparation de la distribution du courrier, en «faisant descendre» de Saignelégier à Bassecourt les employés postaux des offices de Montfaucon, Saint-Brais, des Enfers et du Bémont. Les maires des communes concernées, et également les autres du district des Franches-Montagnes, appuyés au passage par le ministre Laurent Schaffter, voyaient dans cette manœuvre une sorte de démantèlement déguisé du service public. Les élus craignaient le pire.

Victoire, donc. Bon, La Poste a toujours affirmé qu'elle désirait conserver sur le plateau un centre de distribution du courrier. «Cela a pris du temps, car ce ne fut pas évident de trouver des locaux adéquats», explique Nathalie Salamin, porte-parole de l'ex-régie fédérale.

La Poste occupera le plain-pied de l'ancienne usine Joseph Erard au Noirmont, soit une surface de 270 mètres carrés. «C'est l'idéal pour nous, compte tenu des transports par camion et des containers», ajoute Nathalie Salamin. Le bail de location porte sur une durée de cinq ans, renouvelable dans cinq ans. L'entrée en fonction du nouvel office de distribution devrait s'étaler de l'automne 2009 à début 2010. Vingt-sept collaborateurs y travailleront, ce qui correspond à 17 emplois à plein temps.

La clientèle n'y verra que du feu. Encore que... La Poste préfère prévenir: «Des changements éventuels dans les tournées de distribution pourraient signifier que certains clients recevront leur courrier plus tard, alors que d'autres le recevront au contraire plus vite qu'aujourd'hui». Afin de rendre cette opération possible, les communes de Montfaucon, Saint-Brais, des Enfers et du Bémont devront dans les six mois changer de numéro postal et passer dans le giron du 2300. Cela occasionnera des frais notamment pour les entreprises obligées de changer leurs imprimés à en-tête. Le courrier des localités des Genevez et de Lajoux continuera lui à être traité à Tramelan. «C'est la preuve que le combat sert à quelque chose», se félicite Claude Schaffter, le président de l'Association des maires des Franches-Montagnes. L'autre Schaffter, Laurent, le ministre, est lui aussi satisfait. Mais il nuance: «Il y a encore d'autres combats à mener contre La Poste. Notamment au niveau de la fermeture des offices. Dix-sept sont en effet menacés dans le Jura.»

La Poste a fait un geste. Mais vraiment désintéressé? /GST