Jura: initiative pour un salaire minimum dans chaque branche économique

Les Jurassiens diront le 3 mars s'ils veulent d'un salaire minimum dans toutes les entreprises et branches économiques de leur canton.

04 févr. 2013, 07:40
Chalais le, 12 oct. 2008 Illustration pour le votation communal.?Sacha Bittel/Le Nouvelliste

L'initiative de la gauche "Un Jura aux salaires décents" sera soumis aux Jurassiens le 3 mars prochain. La droite et le gouvernement recommandent son rejet.

Le texte vise à créer une base légale pour instaurer des salaires minimaux pour les branches économiques et les entreprises qui ne sont pas signataires d'une convention collective de travail (CCT). Le montant ne serait pas le même pour toutes les professions mais fixé sur la base du salaire national médian du secteur.

Liberté économique
 
Le gouvernement estime que cette initiative est difficile à mettre en oeuvre et juridiquement discutable. Il affirme que les mesures qu'il a prises pour revaloriser les bas salaires sont suffisantes et que ce texte n'est pas compatible avec la liberté économique. C'est pour ces raisons qu'il n'a pas formulé de contre-projet.
 
Le Parlement jurassien a lui refusé par 28 voix contre 26 de donner suite à cette initiative de la Jeunesse socialiste et progressiste jurassienne (JSPJ) déposée en 2009. La droite et les milieux économiques estiment que l'Etat n'a pas à intervenir dans la politique salariale des entreprises.
 
Pour la gauche et les syndicats, il est au contraire indispensable d'introduire un salaire minimum pour faire face au dumping salarial dans une région qui emploie quelque 7000 frontaliers. Ils relèvent que les salaires dans le canton du Jura sont les plus bas de Suisse avec ceux du Tessin.
 
Débat national
 
D'autres cantons romands se sont déjà prononcés sur cet objet. En 2011, le droit à un salaire minimum a été accepté par les citoyens neuchâtelois mais refusé par ceux du canton de Genève et du canton de Vaud.
 
Sur le plan suisse, le Conseil fédéral recommande le rejet d'une initiative syndicale préconisant un salaire minimum de 4000 francs par mois.
 
Il estime qu'elle sonnerait le glas du modèle suisse de partenariat social et mettrait en difficultés des entreprises, en particulier dans les régions périphériques où les salaires sont traditionnellement moins élevés.