1994: accord historique sur la question jurassienne

Petits ou grands, des événements ont marqué la région, la Suisse, le monde. Nous les remettons au goût du jour grâce à nos archives. Ce dimanche, nous évoquons l’accord entre le Jura et Berne pour régler leurs différends en 1994.

24 mars 2019, 10:00
Vendredi 25 mars 1994 au Palais fédéral: le Bernois Hermann Fehr (à gauche) et le Jurassien Jean-Pierre Beuret à l’heure du dialogue. Tout sourire est le conseiller fédéral Arnold Koller.

«La hache de guerre est enterrée et la paix des braves signée», lit-on en «Une» de L’Impartial du samedi 26 mars 1994. «Hier, au Palais fédéral, les présidents des gouvernements jurassien et bernois, Jean-Pierre Beuret et Hermann Fehr, ainsi que le médiateur fédéral, Arnold Koller, ont apposé leur paraphe au bas d’un accord ouvrant un dialogue institutionnalisé entre les deux cantons. Parmi les objectifs: favoriser l’autonomie progressive du Jura bernois.»

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L’accord porte en premier lieu sur la création – en principe à l’été de la même année – d’une Assemblée interjurassienne. «C’est elle qui favorisera le dialogue entre les deux régions et qui proposera aux autorités cantonales des projets concrets de collaboration (économie, culture, transports, etc.). Le choix des sujets et les priorités sont laissés à son appréciation», poursuit le quotidien chaux-de-fonnier.

«Grande concession de Berne: la réunification figure parmi les thèmes de discussion», est-il expliqué. Le processus est abandonné près de 20 ans plus tard. En 2013, Les citoyens des trois districts francophones du canton de Berne refusent à plus de 72% des voix d’unir leur destin avec leurs «frères» du canton du Jura, qui ont eux voté «oui» à 77%.

Retour en 1994: la ville de Moutier, qui prévoyait pour l’automne un plébiscite sur son appartenance cantonale, devra patienter. «Priorité au dialogue», commente le ministre jurassien Jean-Pierre Beuret.

Finalement, en toute légalité, le 17 juin 2017, les habitants de Moutier décident, par 137 voix d’écart, de rejoindre le canton du Jura. Mais, le 4 novembre de l’année suivante, le vote est invalidé et la question n’est toujours pas réglée à ce jour.