Athlétisme: cohésion sans faille des relayeuses suisses

Le relais suisse féminin 4 x 100 m s'alignera jeudi soir dans une composition inédite en séries des JO à Londres, avec dans l'ordre Michelle Cueni, Mujinga Kambundji, Ellen Sprunger et Lea Sprunger.

08 août 2012, 19:09
Ellen Sprunger met ses forces au service du relais 4x100m

Une place dans les douze premières est envisageable, sachant que le «rêve ultime» est de se qualifier pour la finale des huit meilleures de samedi.  

Le coach Laurent Meuwly résume ainsi la situation: «Il y a un peu plus d'un an encore, cette équipe était quasiment inexistante. Aujourd'hui, nous sommes parmi les seize meilleures équipes au monde. Mais on ne veut pas se contenter de ça. Nous aurons fait notre job si nous nous classons parmi les douze premiers (ndlr: la Suisse détient le 12e chrono de l'année en 43''51, les Etats-Unis étant no 1 en 42''19 devant l'Allemagne en 42''51). La finale constituerait le rêve mais la qualification ne dépend pas que de nous: il nous faut d'une part nous améliorer, mais aussi qu'un ou l'autre de nos adversaires commettent des erreurs. Cela devrait se jouer autour des 43 secondes.»

Laurent Meuwly, peut-on comparer cette équipe féminine au relais suisse masculin (4e aux Européens 2010 à Barcelone), dont la force se situe avant tout au plan collectif et des transmissions de témoin?
«Au niveau individuel, les filles sont un peu moins fortes que les garçons mais elles compensent par la belle ambiance qui règne dans l'équipe et par une volonté encore plus marquée de réussir. Les autres formations me disent souvent qu'elles sont surprises de voir la cohésion de notre relais, où il n'y a pas de star. Si je regarde les chronos individuels des athlètes des autres équipes, je n'en dors pas la nuit, alors je préfère ne pas le faire... Nos sprinteuses n'auraient aucune chance d'atteindre une grande finale individuelle en sprint mais avec la force collective d'un relais, c'est possible.»

Lea Sprunger, vous êtes la capitaine, comment a évolué l'équipe au cours des derniers mois?  
«Au début, nous étions dix filles, maintenant nous sommes sept, toutes très soudées. Nous avons beaucoup de respect entre nous et savons que nous pouvons compter les unes sur les autres. C'est notre force. Nous pouvons aussi nous appuyer sur les remplaçantes (Marisa Lavanchy, Clélia Reuse). On se connaît toutes très bien, on pourrait presque courir les yeux fermés. Et il n'y a pas de conflit entre nous.»

Ellen Sprunger, quelle sera la clé de la réussite jeudi?
«Le passage entre la deuxième et la troisième relayeuse (Mujinga Kambundji et Ellen Sprunger en l'occurrence jeudi) est toujours le plus critique. Je suis sûre que nous courrons vite, car nous sommes toutes à notre pic de forme (ndlr: Kambundji, qui remplace la titulaire Jacqueline Gasser, blessée, a battu la Grisonne de trois dixièmes sur 200 m aux derniers Championnats de Suisse à Berne). Mais il nous faudra réussir des transmissions de qualité, meilleures qu'aux Championnats d'Europe à Helsinki (6e  place). Et nous devrons restées superfocalisées sur notre course, ne pas être perturbées par les couloirs d'à côté. C'est le plus difficile.»